Le cynisme non primaire
En réponse à la lettre de Mme Buisson, puÂbliée dans cette page hier.
Mme Buisson, vivre sous une dictature ou aimer notre «démocratie»? Vous auriez tort de proposer ce faux dilemme à ces deux jeunes. Ce qu’ils voulaient peut-être dire, c’est qu’ils avaient l’impression que plutôt que d’avoir affaire à une réelle démocratie, ils considéraient que le Canada était une aristoÂcratie élective. En ce sens, ils auraient très bien appris leur leçon.
L’étymologie même du mot démocratie, décortiÂqué lors de leur première heure de cours philo 101, renvoie au pouvoir du peuple et non à l’idée que le peuple délègue son pouvoir à un groupe.
Ces jeunes voulaient peut-être également dire que choisir entre M, S, A et W ne les questionnait pas sur le fait qu’ils trouvent juste ou non de jouer au Scrabble. AutreÂment dit, sélectionner des partis et des candidats ne leur permet aucunement de choisir une autre manière, peut-être plus juste, de s’entendre en société.
Serait-ce un tabou que d’y réfléchir? À en juger par certains slogans qui font passer les abstentionnistes pour des non-êtres – «Je vote donc je suis» –,
«Je pense, je vote», «Je m’exprime, je vote», il semblerait que oui.
– Simon Wouters, Montréal