collaboration spéciale 85% des fraises consommées au Canada sont issues d’importations qui proviennent à 90% de la Californie.

Son rouge vif ressort des étalages. L’arrivée de la fraise du Québec est chaque fois célébrée, bien qu’on puisse maintenant s’en réjouir bien plus que trois semaines par année.

Nul besoin de les congeler ou de les manger en confiture la majeure partie de l’année pour ne savourer que les fraises d’ici. Grâce à la diversification des façons de la cultiver, la fraise du Québec est aujourd’hui disponible presque en continu six mois par année.

«J’ai commencé à planter mes premières fraises d’automne il y 28 ans. Tout le monde me regardait comme si j’étais un extraterrestre!», se rappelle le propriétaire de Fraisebec, Simon Charbonneau. Aujourd’hui, le producteur est le joueur le plus important au Canada avec son entreprise basée à Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides.

La fraise à jour neutre, communément appelée la fraise d’automne, poussait au départ quelques semaines à la fin du mois d’août. De nouvelles techniques permettent désormais d’étendre sa production de juillet à octobre. Aujourd’hui, 190 producteurs québécois la cultivent comme Simon Charbonneau. «C’est une augmentation de 216% par rapport à 2015, souligne la directrice de l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec, Yourianne Plante. On voit que pour les producteurs qui se concentrent uniquement sur la fraise, il y a un engouement.»

Jean Fournel, pour sa part, récoltera ses premières fraises tardives en septembre. Bien qu’il cultive aussi d’autres produits maraîchers et qu’il n’ambitionne pas de vendre dans les grandes surfaces, le propriétaire de la ferme de l’Anse au sable, à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, a tout de même choisi d’échelonner sa production. «Je distribue dans les petits marchés publics et c’est devenu incontournable puisque la demande est là [à l’automne]», constate-t-il.

Fruit prisé pour ses qualités d’antioxydant, la fraise est, toutes saisons confondues, de plus en plus populaire. Au Canada, la consommation annuelle par habitant est passée de 2,2 kilos à 3,6 kilos en 15 ans. En comparaison, la consommation de pommes de terre a chuté de 30% sur la même période.

«Pour une fois, le climat froid est vraiment avantageux pour la culture de la fraise. On va jusqu’au lac Édouard dans le nord du Québec, à 400 mètres d’altitude, parce qu’on arrive à y produire des fraises désaisonnalisées.» – Simon Parent, président de NovaFruit, à propos d’expérimentations en cours en Haute-Mauricie.

Le champ des possibles
Si les fraises tardives étirent le plaisir, l’implantation de nouvelles technologies a aussi permis l’essor d’une saison précoce. Résultat: les premières fraises se retrouvent sur les étalages des supermarchés dès la fin mai. Sans parler de la production en serres qui commence à se déployer au Québec avec la toute jeune entreprise La Frissonnante.

«Comme disent les Européens, il y a 20 ans on avait 20 variétés dans un seul système de production, et aujourd’hui on a 20 façons de produire la même variété», résume le cofondateur de La Frissonante, Simon Parent. Le producteur travaille au cœur de l’innovation comme pépiniériste et président de NovaFruit. Sur ses terres de St-Paul-d’Abbotsford, réel laboratoire vivant, il teste avec son équipe une multitude de plants pour chaque variété de fraises, selon les modes de culture derniers cris. Une fois les combinaisons gagnantes trouvées, il fournit ses plants à une centaine de producteurs québécois, s’approvisionnant lui-même auprès d’hybrideurs européens.

Pour l’instant, le Québec ne compte pas 20 façons de produire ses fraises, mais bien 7. Déjà, les acteurs internationaux s’intéressent aux technologies employées dans la Belle Province. Le prochain symposium international de la fraise, qui réunit tous les quatre ans près de mille professionnels de la fraise, aura lieu à Québec à l’automne 2016.

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