Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Treize personnes ont été arrêtées lors de la manifestation organisée par l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) afin de dénoncer l’issue du Sommet sur l’enseignement supérieur, mardi en fin d’après-midi.

Certaines personnes ont été arrêtées pour agressions armées envers les policiers, pour avoir participé à un attroupement illégal ou pour avoir commis des méfaits sur des véhicules, selon le sergent Jean-Bruno Latour, porte-parole du Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Certains individus arrêtés étaient en possession de cocktails Molotov, a précisé Ian Lafrenière, responsable des relations avec les médias au SPVM.

M. Lafrenière a d’ailleurs mentionné qu’un policier avait été légèrement blessé à un genou lors des affrontements.

«La manifestation a débuté sans que (le SPVM) en connaisse l’itinéraire et a été déclarée illégale. C’est vers 16h10, au coin de Berri et Cherrier, que les choses se sont envenimées», a-t-il ajouté.

Les policiers ont répliqué aux provocations, aux balles de neige, morceaux de glace et autres projectiles lancés par certains protestataires en effectuant quelques charges, ce que le SPVM a qualifié d’«interpellations ciblées».

Selon le sergent Latour, les policiers ont été visés par les projectiles «de façon continue» et «dès le départ de la manifestation».

«Il a fallu effectuer des ordres de dispersion», a dit le commandant Lafrenière.

«Nous voulions aller chercher les gens qui avaient commis des actes criminels. Il faut comprendre que bon nombre de gens présents étaient de bonne foi et de nature pacifique», a-t-il précisé.

Au dire du commandant Lafrenière, plusieurs personnes seront accusées de méfait, d’attroupement illégal, d’agression armée ou encore de possession de matériel incendiaire.

Les rues de Montréal pourraient cependant être de nouveau investies en soirée. Sur sa page Facebook, le regroupement Mouvement étudiant a invité les citoyens à battre le pavé à compter de 20 h, plaidant notamment que «la paix sociale n’est pas achetable avec une hausse ‘un peu moins pire’» des frais de scolarité et qu’«on (n’)a pas fait six mois de grève pour ça».

Le Sommet sur l’enseignement supérieur venait à peine de se terminer par l’annonce d’une indexation des droits de scolarité, mardi, que quelques milliers de manifestants, principalement des étudiants, ont pris la rue à l’appel de l’ASSÉ pour réclamer la gratuité scolaire complète.

«Les étudiants à travers le Québec réalisent que ce gouvernement les a floués en leur promettant un sommet qui allait s’intéresser à la mission fondamentale des universités», a déclaré le porte-parole de l’ASSÉ, Jérémie Bédard-Wien, avant le départ de la manifestation.

«Finalement, ce qu’ils ont eu, c’est une énième hausse des frais de scolarité. Une indexation de 3 pour cent, ça reste inacceptable et le gouvernement peut être assuré que, malgré ses dires, les étudiants seront là pour leur rappeler qu’ils n’ont pas fait six mois de grève pour une autre hausse des frais de scolarité», a-t-il promis.

Selon l’ASSÉ, quelque 50 000 étudiants avaient voté pour la grève mais la manifestation n’a réuni qu’entre 2000 et 3000 marcheurs, ce qui n’a pas empêché son porte-parole d’y voir un message clair à la première ministre Pauline Marois et son ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

«C’est une grande démonstration de force pour nous qui prouve au gouvernement, à Mme Marois et à M. Duchesne que l’indexation des frais de scolarité ne passera pas, a affirmé M. Bédard-Wien. Ce n’est pas accepté par l’ASSÉ, ce n’est pas accepté par le mouvement étudiant, ce n’est pas accepté par des centaines de milliers de Québécois qui se sont levés ces derniers mois pour défendre une conception différente de l’éducation.»

L’ASSÉ avait décidé de boycotter le Sommet sur l’enseignement supérieur, se plaignant que les thèmes qu’elle voulait voir figurer à son ordre du jour n’aient pas été retenus. Sur son site Web, l’ASSÉ qualifie l’exercice gouvernemental de sommet de l’indexation.

M. Bédard-Wien a laissé planer la possibilité d’un autre printemps mouvementé.

«Dans les prochaines semaines, les étudiants et les étudiantes se réuniront en assemblée générale à travers le Québec pour déterminer la marche à suivre, a-t-il prévenu. On peut s’attendre à ce que l’ensemble du mouvement étudiant, pas seulement l’ASSÉ, continue de se mobiliser.»

Québec solidaire appuyait la manifestation de l’ASSÉ. Les députés Françoise David et Amir Khadir y ont participé. Le parti de gauche est le seul à prôner la gratuité scolaire à l’Assemblée nationale.

Rendue célèbre lors du printemps 2012, la mascotte Anarchopanda a également été aperçue sur place.

De même, des petits groupes de manifestants vêtus de noir et masqués se sont mêlés à la manifestation.

Lundi, une manifestation tenue à l’issue de la première journée de travaux au sommet a conduit à cinq arrestations, selon le SPVM. L’une des personnes a été arrêtée pour avoir porté un masque.

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