Le réseau de l’Université du Québec (UQ) devrait être décentralisé et ses universités composantes devraient agir à titre d’institutions autonomes, du moins selon le rapport du chantier sur une loi-cadre des universités, déposé mercredi.

C’est une des 15 recommandations dans le rapport, tablé par Lise Bissonnette et John R. Porter et mandaté par le gouvernement Marois pour l’élaboration d’une loi-cadre régissant toutes les universités du Québec, et qui fait suite au Sommet sur l’enseignement supérieur qui a eu lieu en février.

«Ce réseau a crû, et il en est arrivé à un niveau où ses composantes pourraient jouir d’une autonomie, au lieu de relever d’une instance obsolète, a suggéré M. Porter, mercredi, faisant référence à la recommandation d’abroger la Loi sur l’université du Québec, qui a créé le réseau en 1968. Pourquoi ce réseau serait-il pris avec des contraintes que les autres universités n’ont pas?»

«Ça ne veut pas dire nécessairement que le réseau va exploser. Il deviendrait plutôt une sorte de coopération de services, a quant à elle tempéré en point de presse Mme Bissonnette, mercredi. Mais toute la partie d’autorité d’un siège social sur les universités appartenant au réseau, c’est cette partie-là qui serait abrogée».

Le rapport recommande aussi de créer un Conseil national des universités (CNU), dont relèveront tous les établissements d’enseignement supérieur, tant ceux de l’UQ que les autres, dites universités «à charte». Celui-ci pourrait évaluer la performance des universités et conseiller le ministre de l’Enseignement supérieur.

En outre, on suggère au ministère d’établir un code de conduite que les universités devraient suivre, mais on leur laisserait le champ libre quant à la manière dont ils arriveraient à y souscrire. «Il n’y a pas un seul modèle absolu. La bonne gestion, ce n’est pas un catéchisme. Faites chacun votre modèle, mais respectez un certain nombre de principes, et déposez-le publiquement», a renchéri Mme Bissonnette.

Le salaire des administrateurs d’universités devrait aussi être revu, toujours selon le rapport. Mme Bissonnette a en outre illustré comment certains administrateurs dans le réseau de l’UQ recevraient un salaire moindre que leurs homologues à la Société des alcools du Québec ou à Loto-Québec.


RÉACTIONS

Les réactions ont fusé dans le milieu universitaire mercredi, surtout quant à l’idée de se départir du réseau de l’Université du Québec.

  • «Pour nous, l’UQ était plutôt un modèle à suivre que le contraire. On aurait voulu rapprocher les universités à charte de l’UQ, et non rapprocher l’UQ des universités à charte». – Antoine Genest-Grégoire, président de la FEUQ.
  • «D’emblée, ce rapport me confirme qu’il est temps de moderniser certaines lois en vigueur depuis plusieurs décennies». – Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur.
  • «La recommandation portant sur l’abrogation de la Loi sur l’Université du Québec appelle des réserves. Cette proposition laisse en suspens de nombreuses questions stratégiques pour l’avenir de la société québécoise, notamment en région». – Communiqué de la direction de l’Université du Québec

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