Paul Chiasson Philippe Couillard. Paul Chiasson / La Presse Canadienne

DRUMMONDVILLE, Qc – Le chef libéral Philippe Couillard ne s’engage pas à renouveler l’exploit de son prédécesseur Jean Charest, qui avait formé le premier conseil des ministres parfaitement paritaire hommes-femmes de l’histoire du Québec.

Il s’engage plutôt à situer son cabinet dans la «zone paritaire», composée de 40 à 60 pour cent de femmes, s’il forme le gouvernement. Il a pris cet engagement au cours de la Journée internationale de la femme, ce samedi 8 mars.

«La zone paritaire, c’est ce qu’on retrouve dans tous les organismes, partout, c’est le 40-60 (pour cent)», a-t-il dit au cours d’une conférence de presse à Saint-Jean-sur-Richelieu où il était entouré de plusieurs de ses candidates. Ce n’est pas notre invention, c’est un concept qui est très fermement implanté partout.»

Il a reconnu que son parti compte moins de candidates en proportion que d’autres partis nationaux. Le PLQ présente une équipe composée de 27 pour cent de femmes, par rapport à 39 pour cent au PQ et 48 pour cent à Québec solidaire, selon la compilation effectuée par Radio-Canada vendredi.

«Est-ce qu’on peut faire mieux? Oui. Est-ce qu’on fera mieux? oui», a-t-il convenu, en ajoutant que la chef péquiste Pauline Marois avait présenté au scrutin de 2012 une proportion de candidates semblable à celle du PLQ actuellement.

«À l’époque je ne pense pas qu’on avait reproché à Mme Marois son manque d’enthousiasme pour l’inclusion des femmes en politique.»

Ajoutons qu’à titre de comparaison, le cabinet Marois compte 8 ministres féminins sur 23, soit environ 35 pour cent de représentation féminine.

Il a annoncé quelques mesures pour hausser la proportion de cadres féminins dans le secteur des affaires où elles sont traditionnellement sous-représentées.

Un gouvernement libéral ajouterait un critère de sélection pour toutes les entreprises qui veulent faire affaires avec l’État. Ainsi, la mise en place d’une politique d’équité dans les entreprises soumissionnaires de 50 employés et plus ferait partie de l’évaluation, dans les appels d’offres des organismes publics et sociétés d’État.

En collaboration avec l’Autorité des marchés financiers (AMF), le Parti libéral veut aussi instaurer un programme visant à ce que les entreprises inscrites à la bourse se dotent d’un plan pour une représentation féminine équitable dans la haute direction et les conseils d’administration.

«Elle (cette mesure) est incitative sur le résultat, mais coercitive sur les moyens, a précisé M. Couillard. Il n’y a pas de choix. Si l’entreprise veut être cotée en bourse et régie par l’AMF, il va falloir publier, chaque année, le fait qu’on a un plan, quels sont les objectifs, et chaque année, quel est le niveau d’atteinte de ces objectifs.»

À titre d’ancien administrateur de société publique, M. Couillard a assuré que de telles mentions dans les publications annuelles des sociétés inscrites en bourse sont importantes.

«Cela a un impact direct sur les actionnaires», a-t-il dit. L’expérience en Europe, où il existe des mesures similaires, le prouve, selon lui: cela a l’effet d’une locomotive», a-t-il dit.

«Il y a une culture à changer, elle change, il y a un effort à donner, cela vient du sommet, cela viendra de moi, comme chef de gouvernement, également.»

Philippe Couillard s’engage également à encourager les jeunes femmes à choisir la formation professionnelle ou technique dans des métiers non traditionnels.

En après-midi, le chef libéral a fait une halte à Drummondville, dans la circonscription de Drummond-Bois-Francs, détenue par le caquiste Sébastien Schneeberger. Il a fait son premier bain de foule, très modeste, en serrant des mains dans un restaurant avec sa candidate Isabelle Chabot. L’accueil a été courtois. Une poignée de militants étaient aussi présents.

Juste après, M. Couillard a pris la direction de Saint-Félicien, dans la circonscription de Roberval, où il allait faire campagne pour la première fois en vue de se faire élire le 7 avril.

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