Canadian Press Gilles Villeneuve

Xavier Chimits a été le premier journaliste européen à publier un article sur Gilles Villeneuve. Il n’a ensuite jamais arrêté de s’intéresser au pilote québécois. En 1976, Chimits, maintenant un journaliste bien connu dans le monde du sport automobile, est pigiste pour le journal Sud-Ouest, à Pau, en France.

À l’aube du Grand Prix de Pau, où courront les Formules 2, il reçoit une assignation banale : aller rencontrer un pilote québécois inconnu, invité pour l’événement. Il s’agit de Gilles Villeneuve. «Si je m’étais douté de qui allait devenir Villeneuve, j’aurais prêté plus attention à ce qu’il allait me dire. J’avais 16-17 ans, j’étais un gamin», raconte le journaliste en entrevue avec Métro.

Durant la rencontre, Villeneuve retient tout de même l’attention du jeune journaliste. «Il m’a demandé : “Où peut-on doubler à Pau?”. La question m’avait sidéré, car je n’avais même pas de permis de conduire à l’époque. Je lui ai répondu que le circuit était très sinueux et qu’il était difficile de doubler. Il a répondu en riant : “Quand on veut doubler, on peut.” Ça m’avait fait rire et, quand on y pense, c’est un peu le résumé de sa carrière.»

Il était donc naturel pour Chimits d’écrire le Dossier Michel Vaillant, de la populaire série de bandes dessinées sur le sport automobile, consacré à Gilles Villeneuve. Publiée il y a quelques années, l’œuvre a été récemment rééditée pour souligner le 30e anniversaire de la mort du pilote de Berthierville.

Au fil des 87 pages de l’album, l’auteur raconte l’histoire de Villeneuve, de ses débuts modestes en motoneige à sa mort tragique, le 8 mai 1982, au Grand Prix de Zolder.

Au Québec, Villeneuve est une icône, mais Chimits nous fait vite comprendre qu’il a tout autant marqué le continent européen. «Sa popularité a grandi avec le temps. Tout le monde a souligné les 30 ans de sa disparition. Il a été le pilote le plus aimé de la F1», affirme-t-il.

Chimits explique que la simplicité de Villeneuve est ce qui lui a permis de gagner le cœur non seulement des amateurs de F1, mais aussi celui d’Enzo Ferrari, l’homme responsable de son passage en F1. Le grand manitou de l’écurie italienne s’est tout de suite pris d’affection pour ce jeune homme direct qui ne le traitait pas comme un demi-dieu. Il a assumé son choix, impopulaire à l’époque, et a permis à toute une génération de découvrir un des pilotes les plus électrisants de l’histoire.

Deux amis se sont détruits
Un chapitre de la vie de Gilles Villeneuve bouleverse particulièrement Xavier Chimits : la lutte fratricide entre Gilles Villeneuve et Didier Pironi, qui mènera au décès du pilote québécois.

  • Coéquipiers chez Ferrari, Villeneuve, premier, et Pironi, deuxième, s’apprêtent à réussir un doublé au Grand Prix de Saint-Marin. Pironi ignore les consignes de l’équipe et dépasse Villeneuve. Le Québécois ne lui pardonnera jamais cet affront.
  • Au Grand Prix suivant, à Zolder, Villeneuve se sent trahi. Il roule trop vite en qualification, et s’ensuit son accident mortel. «Comme [Pironi] n’arrivait pas à battre Villeneuve sur la piste, il a pris d’autres moyens. Il ne mesurait pas les conséquences que ça allait avoir», explique le journaliste.

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