Josie Desmarais/Métro Florence Gagnon est la seule chez Lez Spread the Word qui fasse ce travail à temps plein. Le reste de l’équipe est composé de rédacteurs, de photographes et de graphistes bénévoles.

L’adolescente lesbienne qui fait son coming out à Montréal ces jours-ci est bien mieux outillée pour le faire qu’il y a cinq ans, et ce, en partie grâce à Lez Spread the Word. Le projet est né d’une histoire vraie, celle de Florence Gagnon, sa fondatrice.

Son manque de ressources et, surtout, de modèles bien de chez nous l’a poussée à se lancer dans le vide, c’est-à-dire sur le web. Aujourd’hui bien connu des communautés LGBTQ, le blogue (qui deviendra prochainement aussi un magazine) a pour mission de «trouver des solutions pour marquer le temps. Rassembler les filles, les renseigner et faire rayonner les communautés lesbiennes». Une grosse mission pour une équipe de bénévoles. Mais quand on veut, on peut.

Lorsqu’elle a fait son propre coming out, Florence aurait aimé pouvoir se tourner vers des modèles québécois. Selon elle, avoir eu des chanteuses comme Cœur de pirate ou Ariane Moffatt pour sources d’inspiration aurait pu changer beaucoup de choses. «Dans le temps, mon seul modèle, c’était Ellen De­Generes ou des filles d’Hollywood. Quand tu es à Laval, ça ne te touche pas beaucoup.»

D’où l’importance du coming out de Cœur de pirate, d’ailleurs. «Pour moi, un coming out, qu’il soit queer, gai, trans ou bi, c’est important. Ça inspire plein de monde. L’adolescence, c’est le moment où les jeunes filles veulent se définir, se trouver.»

Cependant, il n’y a que très peu de personnalités québécoises qui décident de faire publiquement leur coming out, ce que Florence comprend totalement. Selon elle, beaucoup de vedettes ont peur de devenir trop facilement les «lesbiennes de service» et d’être constamment sollicitées par les médias. Le cercle vicieux du coming out public, finalement.

«Notre mission a toujours été de prôner l’inclusion sans jamais exclure des gens. Il y a tellement de diversités dans notre diversité.» – Florence Gagnon, fondatrice de Lez Spread the Word

C’est là où Lez prend tout son sens : en offrant du contenu ciblé pour les communautés lesbiennes montréalaises, québécoises et canadiennes. Du contenu pertinent, concentré aux arts, à l’actualité et aux enjeux LGBTQ. S’ajoutent à ça des événements, des partys, mais aussi des sorties gourmandes, sportives et culturelles. De quoi aider à orienter la jeune fille moderne qui cherche des repères.

En plus de produire un blogue et des événements mensuels, Lez est aussi derrière la websérie Féminin/Féminin. Bien qu’elle ait été appréciée par la critique et le public, produire une série de ce genre reste risqué pour un diffuseur. Mais encore une fois, cela ne saurait arrêter Florence et son équipe. «Oui, on est un projet plus à risque, mais il faut oser, sinon rien ne va changer. Ça reste une série accessible, mais on pousse toujours un peu plus. Il faut le faire jusqu’à tant que ça passe et que ça fasse partie de notre culture.»

La deuxième saison de la série devrait voir le jour «bientôt», tout comme le magazine, dont le premier numéro aura le duo canadien Tegan and Sara en couverture. Si tout se passe comme prévu, le magazine reviendra une fois l’an, écrit en français et en anglais, afin de rejoindre le plus de communautés possible au Canada et ainsi favoriser le discours entre les villes et les provinces.

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