Jeux olympiques de Londres de 1908 à 2012
1908. Simone de Beauvoir, Lyndon Johnson et le modèle T de Henry Ford voient le jour. La même année, Londres présente les quatrièmes Jeux olympiques de l’ère moderne. Retour sur un événement bien différent de celui qui sera présenté plus de 100 ans plus tard.
Jeux de 1908
- Ville hôte : Londres
- Dates : du 27 avril au 31 octobre
- Nombre d’athlètes : 2 008
- Nombre de pays représentés : 22 (C’est la première fois que les athlètes représentent leur pays et non leur club.)
- Nombre de sports : 22 sports et 110 épreuves
Jeux de 2012
- Ville hôte : Londres
- Dates : du 27 juillet au 12 août
- Nombre d’athlètes : environ 10 500
- Nombre de pays représentés : 204
- Nombre de sports : 26 sports et 302 épreuves
Où sont les femmes?
Si les athlètes féminines se rapprochent de la parité à l’aube des Jeux de la 30e olympiade, il en était tout autrement en 1908. Sur 2 008 athlètes, seulement 37 étaient des femmes. Au dire de Michel Vigneault, chargé de cours à l’UQAM et historien du sport, le père des Jeux modernes, le baron Pierre de Coubertin, n’était pas chaud à l’idée de voir des femmes concourir. Il faudra d’ailleurs attendre son départ du Comité international olympique, en 1925, pour voir les athlètes féminines pleinement acceptées aux Jeux.
L’épreuve reine… ou l’épreuve du roi
En 2012, l’épreuve reine des Jeux est sans contredit le 100 m. En 1908, le roi Édouard VII devait, sans le vouloir, changer les règles de l’épreuve phare des Jeux : le marathon. Pour la première fois de l’histoire, l’épreuve devait être longue de 42 km. Le parcours est dessiné, mais on se rend compte que la fin du parcours n’arrive pas sous l’estrade du roi. Scandale! On ajoute donc 195 m pour remédier à la situation. La distance de 42,195 km prévaut encore aujourd’hui.
Le jour de l’épreuve, l’Italien Dorando Pietri fait le premier son entrée dans un stade en délire. Complètement vidé et étourdi, l’athlète emprunte le mauvais sens et perd connaissance. Des officiels doivent le traîner jusqu’à la ligne d’arrivée. Le vainqueur est aussitôt disqualifié et l’Américain Johnny Hayes est sacré champion.
Des Jeux rentables
Malgré la longueur des Jeux – six mois –, Londres a présenté des Jeux rentables en 1908, une chose plutôt rare de nos jours. En excluant les coûts de construction du stade de 60 000 £ (95 000 $) épongés entièrement par le gouvernement, les Jeux ont coûté 15 000 £ (24 000 $) et ont engrangé 21 377 £ (34 000 $). La plupart des revenus provenaient de dons privés.
Et le Canada?
En 1908, le Canada compte 87 athlètes à Londres, dans 11 sports. Avec 16 médailles, le pays termine au 7e rang du tableau des médailles (5e pour le nombre), loin derrière la Grande-Bretagne et ses 146 médailles. En 2012, le Canada vise le 12e rang du classement et enverra plus de 300 athlètes pour y parvenir.
Une popularité naissante
Au début du siècle dernier, les Jeux olympiques étaient loin d’attirer les foules. À Paris, en 1900, l’événement est présenté parallèlement à l’Exposition universelle. Un «flop», explique Michel Vigneault. «Les gens allaient à l’Expo et pas aux Jeux», explique-t-il. À Londres, les Jeux attirent une certaine bourgeoisie, mais ne passionnent toujours pas le grand public. Dans les journaux montréalais, les exploits des athlètes ne sont rapportés qu’en une ou deux colonnes.
Amateurs ou professionnels?
En 1908, «le sport est pour l’élite, explique Michel Vigneault. On cherche à exclure des gens.» Par exemple, les travailleurs manuels sont écartés des épreuves d’aviron, car on croit qu’ils auraient un avantage sur les autres. Le même sort est réservé à plusieurs athlètes qui gagnent leur vie grâce à leur sport. Un des plus grands athlètes de tous les temps, l’Américain Jim Thorpe, s’est d’ailleurs vu retirer ses médailles obtenues au pentathlon et au décathlon, en 1912, quand on a découvert qu’il avait touché un salaire en jouant au baseball.
Un peu de fantaisie
Pour la première fois en quatre Jeux, le patinage artistique est présenté. À ce moment, les Jeux d’hiver n’existent pas. Climat oblige, les quatre épreuves de la discipline sont disputées à la fin d’octobre, ce qui explique pourquoi les Jeux se sont déroulés sur une si longue période. Une autre épreuve étrange est présentée pour la première – et la dernière – fois : le souque à la corde!