L’ancien directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah, a démenti jeudi les allégations de l’ex-entrepreneur Lino Zambito selon lesquelles il serait intervenu lors de l’attribution d’un contrat en 2005 et qu’il aurait empoché 300 000$.

«Je n’ai jamais commis d’actes répréhensibles», a clamé M. Abdallah.

Le gestionnaire de carrière a expliqué que l’appel d’offres lancé en 2005 pour la réfection d’un collecteur d’égout sur la rue Sherbrooke ne mentionnait pas la nécessité d’utiliser des tuyaux TBA. Il a ajouté qu’Infrabec, l’entreprise de M. Zambito, n’avait pas présenté la plus basse soumission et que les extra qui lui ont été accordés n’atteignaient pas 500 000$ ¬– comme l’a prétendu Lino Zambito –, mais bien 354 000$.

M. Zambito a pourtant raconté devant la commission Charbonneau que Michel Lalonde, de la firme d’ingénierie Groupe Séguin – qui était responsable d’évaluer les soumissions – lui avait imposé les tuyaux TBA. Bien que cela occasionnait des dépassements de coût, M. Lalonde aurait indiqué qu’Infrabec serait «compensé» et que 300 000$ seraient remis à M. Abdallah par TREMCA, le fabricant des tuyaux TBA.

«Il dit que quelqu’un lui a dit que quelqu’un lui a dit qu’il y a 300 000$ qui va à Robert Abdallah. Je mets au défi n’importe qui de me regarder et d’affirmer, avec des preuves, qu’il m’a donné une cenne», a lancé M. Abdallah. Il a précisé qu’on ne lui a jamais offert d’argent lorsqu’il était directeur général puisqu’il n’était pas «accessible», c’est-à-dire, qu’il avait un poste trop haut placé pour déterminer le choix d’une sorte de tuyau.

L’ancien directeur général de la Ville de Montréal a mentionné qu’en 2004, il avait constaté que les prix des contrats avaient augmenté. Il a alors embauché une firme externe pour évaluer les coûts des contrats. Si les prix présentés dans les soumissions étaient supérieurs de 10% à 15% à l’évaluation, un nouvel appel d’offres était lancé.

Les avocats de Robert Abdallah évaluent présentement la possibilité d’intenter un recours judiciaire contre Lino Zambito. En témoignant devant la commission Charbonneau, ce dernier jouit d’une certaine immunité. «Je ne laisserai personne miner mon intégrité», a laissé entendre M. Abdallah.

Ami avec Tony Accurso
Robert Abdallah a admis que l’entrepreneur Tony Accurso fait partie de ses amis.

  • Il l’a rencontré pour une première fois il y a une trentaine d’années.
  • Il a confié avoir séjourné à une reprise sur le bateau de Tony Accurso, mais pas pendant qu’il était en fonction à la Ville de Montréal. Pendant son voyage, il n’a pas vu d’élu montréalais à bord.
  • Plus de deux ans après son départ de la Ville de Montréal, il a été embauché par Gastier, une entreprise de M. Accurso.
  • «Je ne nierai pas le fait que je connais M. Accurso, mais ça ne fait pas de moi de quelqu’un de non fiable et mon intégrité ne doit pas être remise en doute», a dit M. Abdallah.

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