Gilles Vézina

Comment Gilles Vézina pouvait-il ignorer qu’il y avait de la corruption à la Ville alors même que deux fonctionnaires de son entourage ont touché plus d’un million de dollars en pots-de-vin? C’est ce qu’a tenté de comprendre la Commission Charbonneau, mardi. «Moi, le secret de Polichinelle, je n’en faisais pas partie parce que je n’étais pas au courant», a affirmé Gilles Vézina, chef d’équipe au département de la voirie et supérieur immédiat de Luc Leclerc.

M. Leclerc a reconnu avoir participé pendant 20 ans au système de corruption et de collusion et reçu plus de 500 000$ en pots-de-vin. Même chose pour Gilles Surprenant, collègue et ami de M. Leclerc. «Je n’ai jamais eu connaissance de leur rôle, avant de l’apprendre à la télé», s’est borné à répondre le témoin les bras croisés. Il dit être «tombé sur le dos» lorsqu’il a appris que M. Leclerc avait touché des pots-de-vin. «Il m’a joué un tour», a-t-il dit, ajoutant que c’était «très grave.»

M. Vézina a reconnu qu’il recevait de petits cadeaux à l’occasion sans que cela n’influence ses décisions, avait-il dit lundi. M. Vézina a précisé, mardi, qu’il a reçu surtout des bouteilles de vin. Il a été invité au restaurant par les entrepreneurs pour discuter du travail, une vingtaine de fois par année. À deux reprises, des entrepreneurs lui auraient proposé de poursuivre la soirée à l’hôtel avec des escortes. «Ça ne m’intéressait pas», a répondu M. Vézina.

Il a surtout déclaré qu’il n’a jamais touché d’enveloppes d’argent. La procureure a insisté à trois reprises en précisant qu’il était sous serment, mais M. Vézina a nié systématiquement.

La procureure lui a pourtant fait remarquer que c’est lui qui approuvait tous les extras que chargeait Luc Leclerc pour la poche des entrepreneurs et sur lesquels il percevait sa cote.

M. Vézina s’est défendu en affirmant avoir toujours approuvé que ce qui était «payable et plausible». Il n’a pas non plus bronché lorsque le commissaire Renaud Lachance lui a demandé s’il considérait qu’il s’agissait d’un bon réflexe de gestionnaire, le fait qu’il n’ait jamais posé de question. Le témoin a répété n’avoir jamais rien su ou reçu.

L’élégance avant l’éthique
La procureure, Me Roy a semblé perplexe devant quelques réponses du témoin. Gilles Vézina a relaté un épisode où Luc Leclerc lui aurait apporté une bouteille de vin en cadeau de la part de l’entreprise Garnier, ce que n’a pas apprécié le témoin. «Pourquoi?», lui a demandé Me Roy. «J’aurai préféré qu’on l’apporte directement chez moi», a-t-il répondu avant d’ajouter que de livrer des cadeaux sans intermédiaire et à son domicile aurait été plus «poli» et «élégant».

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