www.ceic.gouv.qc.ca Bernard Trépanier

Bernard Trépanier recevait un «salaire» annuel d’environ 86 000$ de 2002 à 2010 de la firme Dessau, même s’il était le directeur du financement du parti Union Montréal (2004-2006).

Selon le témoin, qui a des difficultés d’ouïes et qui se plaint d’avoir plusieurs trous de mémoire, ces quelque 900 000$ lui ont été versés parce qu’il avait permis à Dessau de se qualifier à l’obtention de lucratifs contrats à l’Aéroport de Montréal (ADM).

«Ils ont eu besoin de moi pour se classifier. […] Regardez le chiffre d’affaires que je (leur) ai fait avoir», s’est-il exclamé, admettant qu’il n’avait pas beaucoup travaillé par rapport aux sommes qu’il a reçues. «C’est moi qui ai ouvert la porte!»

Une fois la firme classée, elle obtenait une valeur garantie de contrats et les sommes qu’il touchait représentaient une portion de ceux-ci, a prétendu le témoin.

Cette histoire a étonné le procureur Denis Gallant qui a exhibé un document daté du 20 janvier 2004 qui stipulait que M. Trépanier était engagé pour faire les «représentations nécessaires pour le compte de Dessau auprès de chacune des différentes villes (…) pour le développement de projet d’ingénierie.»

Indiquant que ce contrat lui était totalement inconnu, M. Trépanier a «juré» n’avoir jamais fait de travail de démarchage auprès des villes.

«Faux bénévole»
Bernard Trépanier a par ailleurs admis avoir œuvré comme «faux bénévole» à plusieurs reprises dans des élections municipales notamment à Saint-Laurent, à Saint-Jérôme et à Boisbriand. Il offrait son temps et les candidats le rémunéraient en argent comptant.

C’est toutefois de gaieté de cœur et entièrement gratuitement qu’il a travaillé pour la campagne électorale de son «chum», Frank Zampino, qui a accédé à la mairie de Saint-Léonard en 1990. «C’était comme la famille.»

Il a aidé celui qu’il appelle simplement «Frank» pour toutes les élections subséquentes à Saint-Léonard. En 2004, alors que M. Zampino est président du comité exécutif, il accepte le poste d’argentier à Union Montréal.

Bernard Trépanier fait face à des accusations de complot, d’abus de confiance et de fraude dans le scandale du projet immobilier Faubourg Contrecoeur. Il poursuivra son témoignage mercredi, il sera probablement question des ristournes en argent comptant qu’il aurait reçues de nombreuses compagnies.

Des élections clés en main
L’homme de 74 ans a admis avoir participé à des «élections clés en main» de 1989 à 2004 dans plusieurs municipalités.

Malgré la loi de René Lévesque qui empêchait ce type d’élection, il appert que des firmes d’ingénieurs et des cabinets d’avocats «misaient» sur leur candidat qui leur donnait les contrats de premier choix une fois qu’il accédait à la mairie.

M. Trépanier a expliqué qu’il travaillait comme organisateur, mais qu’il ne s’est jamais occupé du financement d’un parti avant 2004, lorsqu’il devient directeur du financement pour le parti Union Montréal, de Gérald Tremblay.

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