Paul Chiasson Gerald Tremblay.

Gérald Tremblay attendait ce moment depuis le mois d’octobre et il en avait beaucoup à dire, passant souvent du coq à l’âne, en cette première journée de témoignage. L’ex-maire de Montréal a clamé n’avoir jamais fait d’aveuglement volontaire. «Je ne suis pas naïf, je suis une personne qui fait confiance», a-t-il indiqué. Celui qui a démissionné en novembre dernier après 11 ans à la tête de Montréal a affirmé que s’il s’est «entouré de certaines personnes qui ont pu trahir [sa] confiance», il «assume entièrement» ses choix.

Démission de Robert Abdallah
La mise à pied de Robert Abdallah, alors directeur général de la Ville, démontre bien ses actions musclées, prises pour préserver l’intégrité de son administration, estime M. Tremblay. Informé par une source confidentielle de confiance que M. Abdlallah fréquentait souvent l’entrepreneur Tony Accurso dans un restaurant italien de Montréal, l’ex-maire de Montréal a demandé sa démission, sans lui donner de raison. Il n’a pas non plus expliqué à M. Zampino ce qui avait motivé sa décision. Pourquoi? Bernard Trépanier, a-t-il dit, sans donner plus de détails.

Élections municipales: équipe Tremblay-Zampino
Il est par ailleurs revenu sur son élection à la mairie de Montréal le 4 novembre 2001. Il a affirmé qu’il ne serait jamais devenu maire de Montréal sans l’appui de Frank Zampino et de Georges Bossé. Les deux hommes avaient les capacités de gestion municipale quotidienne requises. Il a choisi M. Zampino pour présider le comité exécutif puisqu’il faisait l’unanimité auprès des maires des municipalités de l’ancienne Ville.

Avec cette équipe, il a défait Pierre Bourque, qui n’avait pas implanté les mesures incluses dans son rapport, qui recommandait que Montréal redonne aux Montréalais le droit aux référendums, se dote d’un ombudsman et d’une Charte montréalaise des droits et responsabilités.

Démission de Frank Zampino
M. Tremblay a raconté qu’il était frustré lorsqu’il a appris que Frank Zampino avait décidé d’aller chez Dessau après sa démission à la Ville de Montréal, surtout que Montréal était plongé dans le contrat des compteurs d’eau. «J’ai appelé Jean-Pierre Sauriol [le président de Dessau] pour lui dire que c’était une mauvaise décision stratégique et que ça pouvait nuire au contrat des compteurs d’eau», a-t-il dit, rappelant qu’il a résilié le contrat.

Il a aussi expliqué que M. Zampino lui a avoué par la suite être allé sur le bateau de M. Accurso, mais il a refusé de dire avec qui il avait voyagé. «Il savait très bien que s’il me donnait les noms, c’était la fin du contrat», a soutenu Gérald Tremblay.

Pas de 3 %
Gérald Tremblay a expliqué qu’il n’avait jamais baigné dans les questions de financement du parti et que jamais Union Montréal n’avait touché une ristourne de 3%. «Comment pouvez-vous affirmer que vous n’avez jamais touché une ristourne, si vous n’avez jamais touché au financement», a demandé France Charbonneau, qui semble beaucoup plus calme que lors du passage de Frank Zampino. «Je me base sur la confiance que j’avais dans l’intégrité de mon agent officiel [Marc Deschamps] pour dire ça», a-t-il répondu.

Celui qui a été maire de Montréal de 2001 à 2012 a raconté son parcours académique et professionnel qui l’a mené vers une carrière politique, à laquelle il aspirait dès l’âge de 15 ans. «Toute ma carrière professionnelle a été au service des autres», a-t-il déclaré. «Je n’ai jamais eu l’intention d’être maire de Montréal. Je n’aurais jamais pensé être maire de Montréal», a-t-il dit.

Après des études de droit au Québec, il obtient un MBA d’administration d’Harvard, à Boston. En 1989, après trois ans comme président de la Société de développement industriel, il se fait approcher par Robert Bourrassa pour se présenter comme candidat libéral dans Outremont. Élu, il deviendra ministre du Commerce et de l’Industrie. «Je suis allé en politique essentiellement pour restructurer l’économie québécoise», a déclaré celui qui a quitté la scène provinciale en 1996.

Enfin!
Depuis octobre, M. Tremblay demandait à être entendu par la Commission Charbonneau pour donner sa version des faits. «On a trahi ma confiance, j’en assume l’entière responsabilité, avait-il déclaré, lors de sa démission le 5 novembre dernier. Je souhaite ardemment qu’un jour, on reconnaisse que je me suis battu, très souvent seul, contre ce système, cette collusion et cette corruption.»

Plusieurs témoins ont minimisé le rôle du maire dans le système de partage de contrats en place à Montréal. «M. Tremblay n’était pas dans les projets; il ne suivait pas ça, avait expliqué Rosaire Sauriol, vice-président principal de Dessau, devant la Commission Charbonneau. M. Tremblay avait pris le volet plus diplomatique. M. Tremblay n’était pas au fait de ce qui se passait dans les contrats de la Ville, il n’était pas dans les dossiers. Je serais très, très, très étonné que M. Tremblay ait vu le début du commencement de cette histoire-là de collusion.»

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