Réinventer la mode : la griffe de luxe Maiyet
Mode et engagement social : les deux semblent ne pas aller de pair. La marque de vêtements chic Maiyet espère néanmoins que vous tomberez amoureux de ses créations, puis que vous lui demeurerez fidèle pour l’aider à accomplir sa mission : permettre à de petits artisans de vivre de leur travail.
«Nous ne fabriquons pas de produits qui suscitent la pitié, affirme Paul van Zyl, co-fondateur de la griffe, à Métro. Nous concevons des vêtements que les gens ont envie de porter sans pour autant adhérer à une cause.»
Maiyet est constamment en quête d’articles artisanaux uniques – comme les tissus faits à la main de Varanasi, en Inde, ou les os sculptés à la main du Kenya –, que la marque utilise comme éléments de confection pour ses créations. Parallèlement, elle emploie une partie de ses profits pour financer des programmes destinés à enseigner aux artisans comment fabriquer de meilleurs produits et comment se servir de leurs entreprises pour assurer une source de revenus stables à leur communauté.
Maiyet leur prête également de l’argent afin qu’ils n’aient pas à composer avec des taux d’intérêt élevés. Tout cela en plus de s’assurer que les gens obtiennent un salaire décent pour leur travail.
Nous ne fabriquons pas de produits qui suscitent la pitié. Nous concevons des vêtements que les gens ont envie de porter sans pour autant adhérer à une cause. – Paul van Zyl, co-fondateur de Maiyet
Les antécédents de van Zyl n’évoquent en rien Carrie Bradshaw : il a en effet été le secrétaire exécutif de la Commission vérité et réconciliation, dont les travaux ont marqué la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, et il n’avait jamais travaillé dans la mode auparavant.
Ce qui l’a intéressé dans ce projet est l’idée qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre réussir en affaires et faire le bien. M. van Zyl explique que la crise a permis aux entrepreneurs de réaliser qu’il fallait repenser la gestion d’entreprise, et il croit fermement qu’il y a place pour un marché éthique.
«Nous croyons aux affaires et à l’aide, pas aux affaires contre l’aide, ajoute-t-il. Nous souhaitons que ces entreprises artisanales soient petites et durables, et qu’elles fabriquent de beaux produits.»
Réinventer l’école : la Khan Academy
Avec 186 millions de consultations – plus que Justin Bieber –, le plus récent phénomène viral sur YouTube a de quoi surprendre… Des capsules pédagogiques sur les mathématiques, l’informatique et la crise grecque, vraiment? Ouep, et ce, grâce à Salman Khan.
En 2004, ce dernier était un gestionnaire de fonds spéculatif qui donnait des cours particuliers à ses cousins en leur envoyant des vidéos web. «Ils m’ont dit qu’ils me préféraient sur YouTube plutôt qu’en personne», déclare-t-il. Cette accroche, frappée au coin de l’autodérision, est la clé de son charme. L’idée a fait boule de neige.
Huit ans plus tard, la Khan Academy (khanacademy.com) propose de nombreux tutoriels et des classes en ligne où il est possible de poser des questions. Les cours, qui couvrent diverses disciplines, de l’algèbre à l’histoire de l’art, sont offerts 24 heures par jour à tout le monde – étudiants, enseignants, parents, etc.
Mais réinventer l’école a un prix. «Cela coûte des millions – à peu près le budget d’un collège de taille moyenne», explique M. Khan à Métro.
Aujourd’hui, tandis que des donateurs et des bénévoles permettent à cette initiative de se poursuivre, la Khan Academy continuent de pratiquer de bas tarifs et offre ainsi quelque chose de mieux qu’un retour sur investissement : une contribution sociale.
«La décision d’être une association à but non lucratif reflète vraiment notre aspiration, qui est d’aller au-delà du génie logiciel, déclare M. Khan. Nous voulons être une institution… Les gens ont sans cesse des discussions sur ce qui se passe dans le monde, et ça revient en général à une question de connaissances. C’est la question fondamentale derrière tout problème social ou tout problème de ressources.»
Réinventer le soccer : la Coupe du monde des sans-abri
Mel Young discutait dans un bar du Cap, en Afrique du Sud, avec un collègue, Harald Schmied, de la façon d’attirer l’attention sur les sans-abri et la précarité de leur situation. Et une partie de soccer devait être retransmise à ce moment, car c’est le sport qu’ils ont choisi pour parvenir à leurs fins.
«Le soccer est le “langage universel” qui réunit les gens, où qu’ils soient, affirme M. Young. Ça ne coûte rien, c’est facile à organiser, et cela plaît à tout le monde. C’est aussi un sport d’équipe, et c’est bon pour la santé et la forme physique. Le soccer peut avoir un grand impact sur la vie des gens.»
Aujourd’hui, la Coupe du monde des sans-abri (homelessworldcup.org) de Mel Young et Harald Schmied réunit 73 partenaires nationaux, lesquels conçoivent des programmes d’aide destinés aux sans-abri, mais également aux toxicomanes et aux personnes ayant contracté le VIH ou souffrant du sida. Tous organisent par ailleurs le tournoi annuel de la Coupe du monde des sans-abri, qui se tiendra cette année à Mexico, du 6 au 14 octobre.
Ce qui permet à M. Young de persévérer dans cette initiative est la conviction que des mesures concrètes sont toujours préférables aux paroles.

