Alex Guérin/Collaboration spéciale STGM Architectes a remporté un Grand Prix du design dans la catégorie Développement durable pour son bureau, le seul bâtiment privé à avoir la certification LEED Platine dans la province.

Constructions écoénergétiques, certification LEED, système de récupération de l’eau de pluie, utilisation de la lumière naturelle au maximum: l’écodesign est de plus en plus à la mode au Québec et sera la norme dans quelques années.

«Il y en a encore quelques-uns qui enlignent de la tôle sur le bord des autoroutes, mais j’en rencontre de moins en moins», se réjouit Stéphan Langevin, concepteur principal et directeur de création chez STGM Architectes, une firme qui se démarque par la place qu’elle accorde au développement durable dans ses projets. Selon lui, ce qui se fait du côté de la construction durable chez nous n’a rien à envier à ce qui se fait ailleurs. L’argent manque parfois pour aller aussi loin qu’on le voudrait, dit-il, mais les belles initiatives, la réflexion et les grandes ambitions sont au rendez-vous.

Chez STGM Architectes, la notion de développement durable est incontournable. La firme a poussé le concept au maximum avec son propre bureau, qui a d’ailleurs reçu, en 2016, le Grand Prix du design dans la catégorie du Développement durable. Le siège social de la firme, situé à Québec, est le seul bâtiment privé à avoir la certification LEED Platine dans la province.

Du choix des matériaux à l’organisation de l’espace, la conception du projet et son design sont grandement influencés par la notion de développement durable. «On a choisi des matériaux à faibles émissions de COV, souvent faits au Québec ou recyclés, comme des planches de bois d’une maison de la Beauce de 1850 et du verre de vitrine muséale utilisé pour notre fenestration intérieure, raconte l’architecte.  Mais la différence se fait surtout sentir du côté du confort, de la lumière naturelle très présente et de la qualité de l’air.»

Aller encore plus loin
Selon Christophe Abrassart, professeur adjoint à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal et chercheur, notamment, en design durable, il faut aller encore plus loin. «L’écoconception, les normes LEED, c’est bien, mais ça ne suffira pas», dit-il, rappelant qu’on devrait réduire l’empreinte écologique de chaque Québécois d’environ cinq fois pour ralentir l’effet des changements climatiques.

Selon lui, il faudra revoir complètement nos habitudes en matière d’habitation. «Le défi est énorme; il va falloir réussir à penser différemment, à déclencher un délire d’innovations pour trouver comment vivre autrement, habiter autrement.»

Des étudiants du nouveau DESS en écodesign stratégique mis conjointement sur pied l’an dernier par l’UdeM et la Polytechnique ont d’ailleurs bûché sur certains scénarios. Pour mieux contrôler l’étalement urbain et conserver une qualité de vie en termes de voisinage, ne faudrait-il pas penser à des modèles d’habitation où les espaces de vie privés seraient beaucoup plus petits et ceux de vie commune beaucoup plus grands, en installant, par exemple, des cuisines communes dans les ruelles?

Et selon M. Abrassart, les designers ont un très grand rôle à jouer dans la transition vers une société plus durable. «La réponse ne peut pas être que technologique, dit-il. Il faut réussir à créer des [espaces et des produits] désirables, accessibles et qui ont peu d’impact sur l’environnement.»

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