Pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, la Ville de Montréal s’est doté d’un plan de développement durable couvrant les années 2016 à 2020. À mi-chemin de l’échéance, l’administration municipale est en bonne position pour atteindre la plupart de ses objectifs, à quelques exceptions près, selon les données colligées par Métro.

Ça roule

 

Transport en commun. Afin d’offrir un meilleur service, la Ville a promis d’augmenter le financement qu’elle accorde au transport en commun, le faisant passer de 511M$ en 2016 à 614M$ en 2020. Pour 2018, elle a budgété 574M$. Si elle maintient ce rythme, elle atteindra sa cible. Montréal doit aussi acheter 525 autobus hybrides d’ici 2030 pour que ceux-ci forment 30% de la flotte de la Société de transport de Montréal (STM). Actuellement, elle en possède 166 (9%) et en recevra 100 autres en 2018, faisant en sorte qu’ils représenteront 14% du parc de la STM. À ce rythme, elle atteindra sa cible plus tôt que prévu. Par contre, les Montréalais sont encore loin d’atteindre un autre objectif: que 55% des déplacements vers le travail se fassent en transport en commun, à pied ou à vélo d’ici 2021. Le taux était de 49% en 2016 et est quasiment stable depuis 2008.

Transports actifs. Pour favoriser les déplacements à pied, Montréal veut aménager 20 rue piétonnes et partagées supplémentaires de 2015 à 2020, pour atteindre le chiffre de 60. À la fin de l’année 2017, elle en avait ajouté 12, portant le compte à 52. Avec l’ajout, en 2018, de trois tronçons supplémentaires (le chemin Gilford, la place Masson et la rue partagée Decelles), la Ville est sur la bonne voie. Quant au réseau cyclable, il totalise actuellement 846 kilomètres. Cela signifie que la Ville a ajouté en moyenne 58 kilomètres par an depuis 2015. Étant en avance pour atteindre sa cible de 1000 kilomètres de voies d’ici deux ans, elle peut se permettre de mettre la pédale douce et de n’ajouter que 51 kilomètres par an d’ici 2020.

Eau et air. De 2009 à 2016, la Ville a diminué sa consommation d’eau potable de 13%. Elle devra garder le rythme pour atteindre l’objectif de baisser sa consommation de 20% d’ici 2020. Or, le bilan 2016 sur l’usage de l’eau potable indique que la Ville peine à réduire les pertes d’eau potable dans son réseau (en stagnation, à près de 29%), même si elle reconstruit ses conduites d’aqueducs secondaires à un rythme 20% plus élevé que l’objectif de 35km par année.

Pour ce qui est de la qualité de l’air, la Ville a obtenu en 2016 un taux de 7 microgrammes de particules fines par mètres cubes (µg/m3 ). C’est bien en dessous de la moyenne de 9,6 µg/m3 enregistrée de 2012 à 2014. Toutefois, ce bon résultat est en partie attribuable au retrait d’une station de mesure à proximité des fours à pizzas de certains commerces qui faussaient les résultats, note la Ville dans son dernier rapport sur la qualité de l’air.

S’il convient que Montréal a posé des gestes significatifs, notamment avec son règlement sur les poêles à bois, André Bélisle, le président de l’Association québécoise contre la pollution atmosphérique, reste soucieux. «Une grande partie des gains à Montréal vient de la fermeture des centrales aux charbon de l’Ontario et du Midwest. Or, Donald Trump veut en rouvrir certaines», dit-il en se désolant aussi que Québec n’adopte pas des règles strictes pour le contrôle des émissions des vieux bazous.

Attention!

 

Voitures électriques. Avec l’achat de 50 voitures 100% électriques et l’appel d’offres pour en acquérir 100 autres en 2018, la Ville est en avance sur sa feuille de route. Il ne lui manque qu’une centaine de voitures 100% électriques pour atteindre son objectif en 2020. Elle compte par ailleurs 464 bornes de recharge publiques sur son territoire et installe en moyenne 20 nouvelles bornes par mois, soit suffisamment pour atteindre l’objectif de 1000 bornes de recharge dans les rues de Montréal en 2020. Par contre, l’administration de Valérie Plante a pour l’instant écarté l’idée de l’administration Coderre de fixer un objectif plancher de faire rouler 1000 voitures électriques en libre-service de car2go et d’Automobile d’ici deux ans.

Verdure. Pour assurer fraîcheur et protection de la biodiversité, les municipalités de l’île de Montréal et leurs partenaires doivent planter 300 000 arbres de 2012 à 2025. L’opération a réellement commencé en 2015. Si la Société du verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) dit planter au moins 10 000 arbres par an sur les terrains institutionnels, la tâche de la Ville est plus compliquée pour les arbres sur rue. De plus, la lutte contre l’agrile du frêne mobilise les arboriculteurs municipaux. Heureusement, la Ville dispose déjà d’un patrimoine arboricole important. Et selon l’indice Treepedia, réalisé à partir d’images satellite, elle dispose déjà d’un couvert forestier s’étendant sur 25,5% de sa surface, ce qui la place en sixième position parmi les métropoles internationales.

Mais la Ville peine à passer de 3 005 à 4 005 hectares d’aires terrestres protégées d’ici 2020, puisque seulement 51 hectares ont été ajoutés depuis 2015. L’administration de Valérie Plante a toutefois annoncé mercredi qu’elle prévoyait acquérir 46 autres hectares pour agrandir le parc de l’Anse-à-l’Orme. «Il faut accélérer les acquisitions et protéger de tout développement les milieux naturels et les espaces verts encore existants, tels que le secteur Pierrefonds Ouest et le golf d’Anjou», clame Emmanuel Rondia, le responsable des campagnes touchant les espaces verts et les milieux naturels au Conseil régional de l’environnement de Montréal. Il suggère aussi de regarder du côté des institutions religieuses et des anciennes friches industrielles, ainsi que du côté de l’ancienne cour ferroviaire autour de l’échangeur Turcot.

Peut mieux faire

 

Déchets. À la fin de l’année 2017, la Ville a distribué des bacs bruns de collecte des déchets compostabes dans 537 000 foyers, soit 76% des ménages habitant dans des édifices de moins de neuf logements. Cependant, la construction des centres de compostage et des usines de biométhanisation avance lentement. Ils doivent être en opération en 2020, mais aucune pelletée n’a eu lieu jusqu’ici, ce qui a forcé la Ville à acheminer ses déchets organiques à environ 50 kilomètres de la métropole.

En 2016, chaque Montréalais a envoyé au dépotoir 248kg de déchets. C’est 41kg de moins qu’en 2012, mais loin d’un Sherbrookois, qui y envoie 173kg par an.Et comme les édifices de neuf logements et plus ne sont toujours pas inclus dans la collecte, le taux de valorisation des matières organiques était de 20% à Montréal en 2016, loin de la cible de 60% fixée pour 2020. Le taux de recyclage atteint par ailleurs 60%. Il a très légèrement augmenté depuis 2012, alors que la cible est de 70% de valorisation des matières recyclables d’ici 2020.

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Un congrès au menu. La Ville présentera la progression de son plan de développement durable, à l’occasion du congrès du Conseil international pour les initiatives écologiques locales (ICLEI), dont elle sera l’hôte du 19 au 22 juin. Elle a donc préféré réservé ses commentaires d’ici-là.

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