Et si le fait de «demander l’avis de la nature» devenait une étape essentielle de l’innovation?

La boîte à outils dans laquelle piger est vaste. Nous pouvons nous inspirer des quelque deux millions d’espèces qui vivent sur Terre, dont les adaptations ont traversé 3,8 milliards d’années d’évolution. Grâce au biomimétisme, nous disposons d’une nouvelle façon d’imaginer l’avenir de nos inventions.

Le biomimétisme, un mot formé à partir du grec bios (vie) et mimêsis (imitation), est une approche novatrice visant le développement de produits plus durables, plus efficaces et dont le cycle de vie laisse le moins de traces possible dans l’environnement. Dans ce monde où la quête d’efficacité et de sens gagne en importance, le biomimétisme arrive à point. Nous pouvons aller voir comment un défi que nous devons relever a déjà été résolu dans la nature! Ainsi, des biologistes, des architectes, des ingénieurs ou des physiciens s’allient dans des équipes multidisciplinaires pour étudier les meilleures adaptations naturelles et les mettre à profit dans leurs inventions.

Les solutions sont dans la nature
Grâce aux connaissances de plus en plus poussées en biologie, les applications du biomimétisme se multiplient.

C’est en découvrant que la peau de requin est faite de sorte à empêcher les organismes marins de s’y accrocher que des innovateurs ont créé un revêtement qui limite l’agglutination des bactéries. Apposée à la surface du mobilier d’une salle de chirurgie ou des toilettes publiques, la pellicule, baptisée Sharklet, permet d’éliminer 90% des contaminations fréquentes, comme celles à l’E. coli ou aux staphylocoques.

Les chauves-souris ont à leur tour inspiré l’invention d’une canne vibrante pour les non-voyants. Ces petits mammifères volants utilisent l’écholocalisation pour détecter la présence d’objets sur leur parcours en projetant des ultrasons et en recevant les réverbérations de ces derniers. De la même manière, la canne Ultracane signale la proximité d’un obstacle en se mettant à vibrer de manière à ce que son utilisateur perçoive tactilement l’avertissement.

Deux experts tracent la voie
Si les percées dans ce domaine sont nombreuses ailleurs dans le monde, le biomimétisme n’est pas encore pratique courante chez nous. Moana Lebel, biologiste spécialisée en la matière et fondatrice de l’Institut Biomimétisme Québec, estime qu’ici, le milieu est encore frileux. Toutefois, elle garde confiance. «On est rendus là, et toutes les entreprises qui passent par le biomimétisme disent ne plus vouloir retourner à leurs anciennes façons de concevoir des produits.» La spécialiste lancera un bouquin en 2015. Ce sera le premier ouvrage de vulgarisation sur le sujet publié au Québec.

David King Ruel, consultant et professeur de développement durable à l’Université de Sherbrooke, rêve d’appliquer les principes du biomimétisme aux organisations et aux gens. «La nature a une façon élégante de faire émerger des choses quand le contexte l’exige. Pour moi, les organisations qui sont vivantes sont celles où on travaille en fonction du terreau», résume-t-il.

Insectarium de Montréal
D’ici quelques années, l’Insectarium fera peau neuve.

  • Dans le processus d’idéation qui a mené à la création du nouveau concept, le biomimétisme a joué un rôle important.
  • Le bâtiment et ses systèmes ont été imaginés comme un organisme vivant dans la nature.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!