C’est connu. Le cellulaire au volant est devenu un véritable fléau et il ne se passe pas un kilomètre sans qu’on croise ou suive une personne plus concentrée sur son cellulaire que sur la route. Même si on ne voit pas la figure du conducteur, ou de la conductrice, figure typiquement penchée vers le bas, il n’y a qu’à observer le comportement de la voiture qui va de gauche à droite et qui revient brusquement au centre de sa voie… pour recommencer le louvoiement quelques secondes plus tard pour comprendre ce qui se passe.

Il est donc inévitable qu’un jour, les lois deviennent plus sévères, un peu comme elles le sont envers la conduite avec les facultés affaiblies. D’ailleurs, consulter un cellulaire affaiblit indéniablement les facultés…

Selon une étude du CAA-Québec dévoilée aujourd’hui :

  • 26% des accidents sont causés par l’utilisation du téléphone, y compris avec la fonction mains-libres.
  • Un conducteur qui texte au volant est 23 fois plus susceptible d’être impliqué dans une collision qu’un conducteur attentif (provenance : National Safety Council)
  • Les conducteurs qui utilisent leur téléphone au volant ne voient que 50% de l’information présente dans leur environnement visuel (provenance Virginia Tech Transportation Institute)
  • De 2011 à 2015, ce sont 124 décès et 686 blessés graves liés à la distraction (provenance : SAAQ)

Suite à ces résultats, le CAA-Québec fait six recommandations aux parlementaires :

  • Entamer un dialogue avec le gouvernement fédéral afin de criminaliser l’utilisation du cellulaire au volant dans le cas d’un accident causant la mort ou des blessures graves ;
  • Augmenter le nombre de points d’inaptitude pour les récidivistes afin que leur permis de conduire soit, par exemple, suspendu à la troisième offense en deux ans ;
  • Permettre aux policiers de remettre un constat d’infraction pour l’utilisation de tout appareil qui ressemble à un téléphone. Le contraire pourra être démontré en Cour ;
  • Accroître la sensibilisation au moyen d’un message commun véhiculé par les corps policiers, la SAAQ, les fournisseurs de service cellulaire, etc.;
  • Réglementer les systèmes d’infodivertissement des véhicules. Une étude le démontre clairement, ces systèmes exigent un effort cognitif bien réel pour les utiliser, ce qui constitue une source de distraction préoccupante ;
  • Continuer à documenter la possibilité d’utiliser des brouilleurs d’ondes. L’information manque à ce sujet, mais chose certaine, CAA-Québec croit que des appels d’urgence doivent pouvoir être effectués à bord d’un véhicule.

Il est à souhaiter que ces mesures soient prises au sérieux par les parlementaires. Si, aujourd’hui, l’alcool au volant n’est plus socialement accepté, il faut qu’il en soit ainsi du cellulaire. Pour cela, il faudra que les différents niveaux se concertent pour s’assurer que le message passe bien, et vite. Et pour cela, il faudra malheureusement que ça fasse mal. D’où l’augmentation des points d’inaptitude et la suspension du permis à la troisième offense en deux ans.

Les constructeurs automobiles ont aussi un rôle à jouer. Ce n’est pas en présentant des radios sans boutons ou des systèmes multimédia complexes qu’ils améliorent la sécurité. Certes, ils se targuent d’avoir obtenu le niveau de sécurité le plus élevé lors de tests de collision mais il reste que si le conducteur a les yeux sur la route, il risque moins d’avoir besoin de tester les coussins gonflables de sa voiture…

Une expérience personnelle de l’auteur
Je ne texte jamais au volant, je ne regarde même pas mon cellulaire qui est toujours bien rangé dans mes poches ou dans mon sac à dos. Par contre, il est relié à la voiture grâce à Bluetooth. Si j’ai à téléphoner, j’utilise la fonction mains-libres, donc mes deux mains restent toujours sur le volant et mes yeux sur la route. Et malgré toutes ces précautions, lors d’une conversation quelque peu émotive à propos d’un problème professionnel, j’ai carrément raté ma sortie sur Décarie. Aucune conséquence majeure, juste la frustration de passer une demi-heure de plus dans le trafic avant de me rendre à destination. N’empêche que, même si j’agissais en toute légalité, je n’étais pas concentré pour autant…

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