Collaboration spéciale Le mur d'enceinte de l'école Sophie-Barat est très mal en point à certains endroits.

Des travaux de renforcement du mur de clôture de l’école secondaire Sophie-Barat suscitent des réactions dans le voisinage, car on craint de voir une clôture en pierre brute enrobée dans un bloc de béton.

Le mur d’enceinte en pierre longe la voie publique sur 400 m le long du boulevard Gouin Est. Il présente des fissures et des trous.

«Les travaux visent à rendre le mur sécuritaire et éviter qu’il tombe», indique Alain Perron, responsable des relations de presse à la Commission scolaire de Montréal, dans un courriel laconique.

«Nous avons tout fait pour que ces travaux soient menés durant l’été quand les élèves ne sont pas dans l’établissement et que cela se termine avant la rentrée des classes», assure Mohamed Maazami, commissaire scolaire du secteur Ahuntsic-Est–Saint-Michel. Le chantier lancé en juillet devrait durer six semaines.

Toutefois, les travaux envisagés laissent planer des questions sur une construction dont l’ancienneté ne fait aucun doute et qui aurait une valeur patrimoniale.

Le bâtiment de l’établissement d’enseignement date de 1858. L’école secondaire Sophie-Barat était au 19e siècle le Pensionnat du Sacré-Cœur du Saut-au-Récollet. Une institution créée en 1858 par la congrégation religieuse des sœurs du Sacré-Cœur de Jésus fondée par Madeleine-Sophie Barat.

«Ce mur date du début du 20e siècle au moins, car on sait que la première clôture construite dans la seconde moitié du 19e siècle était en bois», soutient Pierre Lachapelle, citoyen d’Ahuntsic qui a résidé longtemps non loin de l’école.

Photos à l’appui, il craint que l’on veuille aujourd’hui couvrir les murs anciens en pierre avec du béton.

«C’est une sécurisation et non une restauration du mur», assure M. Perron de la CSDM sans vouloir préciser la nature technique des travaux envisagés.

En 2015, d’autres travaux de sécurisation avaient été menés en enveloppant les murs de grillage métallique.

Ce dispositif est toujours en place. «C’est laid et cela ne met pas en valeur la nature patrimoniale du site», observe M. Lachapelle.

 

Les ruines de l’externat Sophie-Barat

En 2012, la CSDM voulait construire une maison des arts et des lettres pour préserver les restes de l’externat Sophie-Barat et offrir un édifice culturel aux élèves et au quartier du Sault-au-Récollet. Archives/TC Media

Le même mur d’enceinte que compte sécuriser la CSDM protège aussi les ruines de l’ancien externat Sophie-Barat. Ce bâtiment construit à la même époque que l’école a été détruit par un incendie en 1997 alors qu’il était vacant depuis quelques années et squatté par des marginaux.

Il est aujourd’hui envahi par les mauvaises herbes et les graffitis. Un portail en tube et en maille de chaine en ferme symboliquement l’accès.

En 2012, la CSDM avait projeté de préserver ses murs et ajouter une construction moderne pour en faire un centre des arts et des lettres, dépendant de l’école secondaire et dont pourraient bénéficier les élèves et les résidents du quartier.

«En ce qui concerne les ruines, la CSDM avait proposé un projet, mais il a été rejeté par les résidents du quartier», rappelle M. Perron.

Un référendum demandé par les riverains avait abouti à l’annulation du projet malgré une pétition de soutien de plus de 1000 signatures qui avait circulé dans le quartier.

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