Amine Esseghir/TC Media Marie et Raphaël assurent avoir trouvé leur vocation et leur passion en passant par les ateliers de Bois Urbain.

Le 1er novembre, l’entreprise Bois Urbain inaugurera officiellement sa façade restaurée, son nouveau site Internet et boutique en ligne. Des événements anodins qui permettent à cet organisme de faire parler de lui alors que, discrètement, depuis plus de 20 ans, il offre à des jeunes la possibilité de se trouver une vocation professionnelle.

Dans le bâtiment de quatre étages sur la rue Meilleur, à Ahuntsic-Cartierville, le calme qui règne ne laisse pas deviner que nous sommes dans une usine.

À chaque niveau, des ateliers où des employés s’affairent à fabriquer ou à restaurer des meubles, sinon à façonner des accessoires en bois.

Rien d’exceptionnel si on ne sait pas que la majorité des employés de cette compagnie sont des personnes exclues.

Chaque année, 53 jeunes âgés de 18 à 35 ans passent six mois, payés au salaire minimum et travaillant 40h par semaine à cette entreprise d’économie sociale.

Il y en a de toutes les catégories: des décrocheurs, des délinquants mineurs, des gens qui se cherchent.

«Les jeunes qui viennent chez nous ont été en échec toute leur vie. Ici, ils réussissent à réaliser un objet de leur main et ils en sont fiers. Ils concrétisent leur premier succès.» Madeleine Houle, directrice de l’organisme Bois Urbain.

Raphaël, 23 ans, fait partie de ces jeunes. «J’ai adoré l’atelier de finition, dit-il. C’était quelque chose qui me rebutait au début, mais avec le temps j’y ai pris gout.»

Il assure aujourd’hui reconnaître les imperfections d’un morceau de bois sur un meuble au simple touché de la surface. Il sait aussi comment rectifier ce défaut.

«Les encadreurs ici vous donnent tout ce qu’ils savent», affirme-t-il.

Alors de longues années d’insécurité vivant d’emplois précaires dans la restauration, il rêve maintenant de se mettre à son compte une fois qu’il aura acquis plus d’expérience.

À côté de lui, Marie, 28 ans, a passé des années à se chercher avec son pack sac sur le dos. Une recherche qui l’a menée un peu partout au Québec, au Canada et aux États-Unis.

«J’ai même fait des voyages en Amérique du Sud», dit-elle.

Entre deux escapades, elle vivait de petits boulots. «J’ai même travaillé pour un organisme de réinsertion», avoue-t-elle. Il y a un peu plus de trois mois, elle s’est décidée à se trouver un emploi dans le domaine de la construction.

«J’ai contacté un syndicat qui m’a orienté vers Bois Urbain.» Depuis, elle dit avoir découvert sa vocation. «Ce qui me passionne c’est la matière et le travail manuel qui permet de la transformer. Je le sais maintenant.»

Se remettre sur le droit chemin
Des jeunes comme Raphaël et Marie, il y en eut plus de 1400 qui sont passés par Bois Urbains depuis sa création en 1995. «Nous en avons eu 850 placés en emplois et 150 sont retournés aux études», annonce Madeleine Houle, la directrice.

Les participants sont encadrés par des professionnels chevronnés. En plus de leur enseigner à manipuler des outils ou à toucher à des machines à bois, l’entreprise leur offre une expérience de vie qu’ils n’ont pas eue auparavant.

«Les six mois de participation de travail encadré comptent beaucoup sur un CV et sont convaincants pour un employeur», soutient Mme Houle.

C’est aussi un parcours intense et un processus complexe.

Les jeunes sont aidés aussi pour trouver une entreprise qui les embauchera ou une école qui les inscrira à ses cours. Par la suite, ils seront suivis durant deux ans par Bois Urbain pour s’assurer qu’ils ont bien pris leur envol dans la vie.

 

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