Amine Esseghir/TC Media La Corbeille de Bordeaux-Cartierville a mobilisé 125 bénévoles dont deux agents du poste de quartier (PDQ) 10 pour venir en aide aux 500 familles inscrites pour des épiceries de Noël.

Les banques alimentaires craignent de voir leurs tablettes se vider une fois passé le temps des Fêtes. La Corbeille de Bordeaux-Cartierville ne fait pas exception et son directeur ne cache pas son inquiétude

À quelques jours de Noël, la petite épicerie de La Corbeille était en fête. Musique, décorations, tout a été mis en place pour accueillir 500 familles démunies du quartier Bordeaux-Cartierville. En quatre jours, l’organisme d’aide alimentaire leur assure de remplir leurs paniers du temps des Fêtes, à 10 % de sa valeur réelle.

Outre les fruits et les légumes ainsi que les produits de première nécessité, elles ont eu droit à des confiseries et à des dindes pour ceux qui en voulaient.

Toutefois, cette année encore, on redoute une importante diminution des dons.

Après Noël, les gens ont toujours faim. Se nourrir, cela n’a pas de saison. C’est douze mois par année. Donald Boisvert, directeur de La Corbeille.

Après chaque Noël, il observe le même phénomène. Les dons s’amenuisent et les étagères de son épicerie de secours sont vides.

«On a l’air fatigant de dire toujours la même affaire, mais c’est tout simplement la réalité», indique-t-il.

Donald Boisvert, directeur de la Corbeille Bordeaux-Cartierville, souhaite que l’élan de générosité enregistré durant le temps des Fêtes se poursuive en janvier et février. Photo: Amine Esseghir/TC Media

En janvier et février, la mobilisation observée en décembre s’estompe. Or, les 500 ménages inscrits à son organisme seront là en janvier et il faudra répondre à la demande.

«Il y en a qui ne viennent qu’une fois par mois, mais la personne seule qui vit de l’aide sociale reviendra chaque semaine remplir son panier, tout comme la mère monoparentale avec quatre enfants. Il faut leur assurer des frigos pleins, c’est une question de survie.»

La situation est d’autant plus compliquée que les stocks ne permettent pas de répondre à tous les besoins.

«Souvent, on récupère une partie des dons collectés en décembre pour faire la soudure en janvier. Mais, on a constaté que cette année les boîtes sont moins remplies», observe-t-il.

Par ailleurs, ces collectes ont eu lieu durant une période particulière et sont souvent hétéroclites.

«Il nous faut de la farine, du sucre et de l’huile, des denrées qu’on n’offre pas forcément en décembre. Ce sont des choses qu’il faut acheter.»

Cependant, les dirigeants de l’organisme ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont fait des publipostages dans le quartier, ils ont communiqué sur leur site Web et sur les médias sociaux pour rappeler aux gens que La Corbeille a besoin de moyens pour assurer l’approvisionnement du début de l’année.

Une bonne partie de la solution pour M. Boisvert réside dans les dons en argent.

«Quand on a lancé un appel pour acheter les dindes pour Noël, il y a eu beaucoup de 25 $ qui sont arrivés. Si des 25, 50 ou 100 $ reviennent chaque mois, on peut faire face.»

Ces dons récurrents constitueraient une assurance.

«Il faut que les gens sachent que les dons en argent ne payent ni les salaires ni les frais de fonctionnement de La Corbeille, ils vont à 100 % sur les tablettes du magasin.»

 

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