Collaboration spéciale Philippe Saint-Hilaire spécialiste du saut en hauteur qui prépare les JO de 2020 a dû se déplacer à Toronto pour trouver une piste d'entraînement aux normes olympiques.

Les sportifs d’élite en athlétisme de Montréal et de ses environs ont du mal à mener à bien leur préparation aux compétitions internationales en hiver faute de pistes intérieures. La seule qui est disponible pour les clubs et les associations, celle du Complexe sportif Claude-Robillard, est souvent occupée pour des joutes sportives voire pour des activités de loisirs.

«Je suis résident d’Ahuntsic et j’ai dû me rendre à Toronto pour compléter mon programme de préparation alors que le Complexe sportif Claude-Robillard est à quelques kilomètres de chez moi», s’est indigné Philippe Saint-Hilaire.

Cet athlète spécialiste du saut en hauteur vise les Jeux olympiques de 2020. Il a décidé de se rendre en Ontario au début de mars alors qu’il avait trouvé les portes de la piste intérieure de Claude-Robillard closes à cause de la tenue d’un championnat de robotique.

«Nous avions des dates et un calendrier, mais des changements ont été apportés sans nous prévenir», a-t-il dit.

Patrice Labonté. Photo: Collaboration spéciale

M.Saint-Hilaire est membre du club d’athlétisme les Vainqueurs, une association de Montréal qui compte 500 adhérents, dont de nombreux sportifs d’élite. Patrice Labonté en fait partie. Il est coureur de demi-fond. Il prépare activement sa participation aux Championnats du monde de semi-marathon qui aura lieu le 24 mars, à Valence, en Espagne.

«Je suis obligé de courir dehors, c’est la seule solution. Mais la préparation n’est pas optimale à cause de la température. À Valence, il fait plus chaud qu’ici, le corps ne réagit pas de la même manière», a-t-il indiqué.

Il doit s’entraîner deux fois par jour et n’a même pas pu disposer d’un casier au complexe. «Je suis obligé de porter mes affaires dans un sac à dos pendant que je cours.»

Il déplore au passage le fait qu’il ne peut pas utiliser le sauna du complexe et que son club ne puisse pas avoir de physiothérapeute présent sur la piste.

«Nous ne comprenons pas pourquoi des activités qui ne sont pas sportives se tiennent dans un lieu destiné essentiellement au sport et qui est aux normes olympiques», s’est interrogé Danielle Boulanger, présidente du club les Vainqueurs.

Elle montre une liste d’une dizaine de noms d’athlètes qui sont pénalisés à cause de la programmation des installations du complexe et qui risquent de manquer des rendez-vous importants.

«Ces athlètes qui préparent des compétitions internationales porteront probablement les couleurs du Canada  aux prochains Jeux olympiques», rappelle-t-elle.

Elle a déjà entrepris des démarches pour exposer le problème à la direction du complexe, mais sans succès. «Je m’apprête à écrire à l’ombudsman de la Ville de Montréal. Cette situation ne peut pas durer», s’est-elle insurgé.

 

Complexe sportif Claude-Robillard. Photo: TC Media/Archives.

À Claude-Robillard, on n’a pas le choix

La direction du Complexe sportif Claude-Robillard a indiqué dans un courriel que la piste intérieure d’athlétisme est un incontournable pour la tenue de quelques manifestations, mais elle reconnaît que les athlètes d’élite n’ont nulle part d’autres où aller dans la métropole.

«Le Complexe sportif Claude-Robillard (CSCR) est la seule installation municipale de la grande région de Montréal doté d’une piste intérieure et nous collaborons avec la Fédération d’athlétisme du Québec afin d’encadrer les clubs utilisant la piste, écrit-on. Compte tenu de sa configuration et de la qualité des installations, le CSCR a pour vocation notamment d’accueillir des événements sportifs d’envergure contribuant ainsi à faire de Montréal l’une des meilleures destinations sportives au Canada. La présence de gradins à grande capacité fait du complexe un lieu de prédilection pour certains événements», fait-on savoir.

Le fait que des événements non sportifs se retrouvent sur la piste de Claude-Robillard quand ils peuvent se tenir ailleurs est d’ordre financier.

«Les revenus de location de nos installations sportives nous permettent de réinvestir ces sommes dans l’offre de service en sports et en activités physiques», lit-on.

La piste est aussi utilisée par les amateurs tous sports confondus qui croisent les sportifs d’élite.

«La nature des activités se déroulant dans la salle omnisports où le nombre de participants est élevé fait en sorte qu’ils ne peuvent généralement pas être transférés, explique la direction du CSCR. Des mesures de sécurité, telles que les rideaux séparateurs, sont mises en place afin que cette cohabitation soit possible en limitant les risques pour les usagers.»

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