Archives/Métro Media Le Marché Ahuntsic-Cartierville a besoin de 20 000$ cette année pour boucler son budget.

Le Marché Ahuntsic-Cartierville (MAC) ne démarre pas cette année sous les meilleurs augures. Un de ses principaux financements, celui de la direction de la Santé publique, a été réduit de 20 000$.

Le MAC existe depuis cinq ans, il fournit des fruits et légumes dans les déserts alimentaires d’Ahuntsic. Son budget annuel tourne autour de 140 000$ provenant de divers financements et subventions.

«Le projet que nous déposons chaque année à la DSP entre tout à fait dans le mandat de la lutte contre les déserts alimentaires», souligne Michèle Boisclair, responsable du chantier sécurité alimentaire à Solidarité Ahuntsic. Elle attendait 45 000$ par an dans le cadre d’une entente sur trois ans.

«Nous avons une seule enveloppe destinée à financer des initiatives qui entrent dans le cadre du programme de soutien à l’amélioration de l’accès aux fruits et légumes à Montréal et c’est dedans que nous puisons les sommes que nous octroyons aux organismes», indique Véronique Duclos, chef du service Service Environnement urbain et saines habitudes de vie, à la Direction régionale de santé publique qui couvre Montréal (DRSP).

La somme totale est de 680 000$, dont 50 000$ sont destinés au programme régional. «Avec 630 000 nous avons financé 18 initiatives locales sur 24 propositions et nous avons accordé le maximum aux opérations en démarrage», souligne-t-elle.

Il reste que cette réduction du budget intervient au moment même où le MAC entame sa saison et hypothèque grandement la poursuite de ses activités.

«Le manque à gagner concerne surtout un salaire, mais pour le moment le programme du MAC est maintenu», indique Jérome Normand, conseiller du Sault-au-Récollet et membre du chantier sécurité alimentaire d’Ahuntsic.

Les membres du chantier sécurité alimentaire de Solidarité Ahuntsic promettent de taper à toutes les portes pour trouver le manque à gagner. Photo: Collaboration spéciale

Le MAC est sans conteste un succès. Il reçoit environ 15 000 visites par an, il se déploie au petit marché public installé près de la station de métro Sauvé, quatre après-midi par semaine.

Il est aussi connu pour son camion blanc qui fait le tour des quartiers mal desservis en légumes et fruits. Il se déplace dans trois secteurs où les fruits et légumes ne sont accessibles qu’à près de deux kilomètres. Les produits frais, en général 15 à 20% moins cher qu’en épicerie, sont destinés autant aux résidents des environs qu’aux usagers du métro.

En cinq ans, le MAC a su se créer un réseau d’approvisionnement très original. En plus de pallier le manque de fruits et légumes, il offre un moyen de distribution pour des agriculteurs urbains et parmi les produits qu’on y trouve, certains viennent directement d’Ahuntsic-Cartierville.

Sinon, l’approvisionnement se fait auprès d’une quinzaine de producteurs agricoles situés dans la région montréalaise. Des produits d’entreprises d’économie sociale en boulangerie sont également distribués par le MAC.

Nous nous retrouvons dans une situation d’urgence pour trouver de quoi boucler notre budget, si nous l’avions su avant, probablement que nous aurions eu plus de temps pour chercher la différence ailleurs.

Michèle Boisclair, responsable du chantier sécurité alimentaire à Solidarité Ahuntsic.

L’efficacité et l’utilité du MAC ont été saluées notamment par les élus de l’arrondissement qui a mis la main au porte-monnaie cette année en offrant 45 000$ pour équiper le kiosque de la station Sauvé d’un frigo.

«Nous soutenons absolument le MAC et nous ferons tout pour l’aider», assure M. Normand. Il refuse toutefois de dire si l’arrondissement palliera le manque d’argent.

À LA DRSP on est également conscient du succès de cette initiative, mais on explique aussi que le financement accordé entre dans le cadre de la consolidation au projet.

«Nous allons tous chercher à combler la différence de 20 000$ par ans, donc ce sera 60 000$ que les membres du chantier sécurité alimentaire vont tenter d’amasser avant la fin de la saison du MAC», affirme M. Normand.

Le temps est à la mobilisation, une réunion a regroupé les membres du chantier sécurité alimentaire le 11 juin. «Nous nous retrouvons dans une situation d’urgence pour trouver de quoi boucler notre budget, si nous l’avions su avant, probablement que nous aurions eu plus de temps pour chercher la différence ailleurs», observe Mme Boislcair.

À la DRSP, on reste ouvert à un financement supplémentaire si de nouveaux fonds sont débloqués.  Le MAC a annoncé l’ouverture de sa saison le 13 juin. Il est actif jusqu’au 27 octobre.

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