Archives/Métro Media L'application Aéroplainte permet d'envoyer une plainte à ADM après avoir été réveillé par un avion pendant la nuit.

La mise à la disposition du public de l’application Aéroplainte semble commencer à donner des résultats. Le nombre de plaintes du bruit des avions de nuit a connu une augmentation importante quelques semaines après le lancement de cet outil de communication.

Dans le bilan qu’il a communiqué au Courrier, Bill Mavridis, le concepteur d’Aéroplainte, souligne que la hausse est significative. «En six semaines, il y a eu 317 plaintes envoyées à Aéroports de Montréal (ADM) dont j’ai reçu des copies», indique-t-il.

Les utilisateurs ne sont pas obligés de mettre en copie M. Mavridis du courriel envoyé à ADM. «Je suis certain qu’il y’en a trois fois plus», estime-t-il.

Lorsqu’il a mis au point son application, il avait souligné qu’ADM avait comptabilisé 543 plaintes pour toute l’année 2017, dont 27% émanaient des trois mêmes personnes, dont lui-même.

Aéroplainte est gratuite. Elle a été téléchargée plus de 100 fois. Elle est disponible sur Google play pour les appareils Android, mais n’est pas encore offerte pour les produits Apple. Elle a été développée par M. Mavridis, un résident de Bordeaux avec l’aide d’un étudiant du collège Vanier de Saint-Laurent.

Elle permet d’envoyer un courriel avec l’adresse du plaignant et l’heure du passage d’un aéronef. L’utilisateur doit inscrire ses coordonnées quand il télécharge l’application. Ensuite, lorsqu’il veut signaler un bruit d’avion, l’application enregistre l’heure de l’événement à partir du téléphone et adresse un courriel type à ADM.

Il est par ailleurs plus simple de prendre son cellulaire que d’ouvrir son ordinateur et chercher le site web d’ADM pour signaler un avion qui nous a réveillés en pleine nuit. M.Mavridis a reçu des réponses d’ADM et suppose que des changements sont à venir dans l’attitude des responsables du transport aérien concernant le bruit.

«Il y a une convergence de plusieurs actions, croit-il. En plus de l’application, il y a la poursuite engagée par les Pollués de Montréal Trudeau contre ADM et la ferme volonté de la Ville de Montréal de mettre en place un observatoire du bruit.»

Par ailleurs, il y a un mois, les représentants de Montréal-Trudeau ont promis devant le Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités Chambre des communes à Ottawa la mise en place de nouvelles actions pour la lutte contre bruit des avions. On devrait connaître le détail après la réunion du comité consultatif sur le climat sonore prévue au début de décembre.

Du nouveau contre les nuisances sonores des avions
Lors de son audition le 30 octobre devant le Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités à la Chambre des communes à Ottawa, Martin Massé, Vice-Président, Affaires publiques chez ADM a clairement indiqué que des actions seront annoncées pour atténuer les nuisances dues au bruit des avions notamment la nuit.

«De concert avec son comité consultatif sur le climat sonore, Aéroports de Montréal continue de s’employer à élaborer des mesures d’atténuation du bruit pour la collectivité montréalaise. À cet effet, un important plan d’action sera présenté prochainement aux membres de ce comité», a-t-il déclaré.

Si les détails du plan ne sont pas encore dévoilés, M. Massé a mentionné que ce seront 26 actions dans sept catégories, dont notamment des restrictions sur les vols de nuit ainsi des procédures de réduction du bruit à l’atterrissage et au décollage.

Cela englobe aussi la publication de rapports et d’indicateurs «plus pertinents pour les communautés». Il est vrai qu’ADM est souvent pointé du doigt pour un manque de clarté, voire de transparence, dans la publication des données liées au bruit des avions.

Par ailleurs, du nouveau sera apporté dans de la politique de gestion des plaintes. «Ce plan nous permettra de gérer encore mieux le climat sonore, d’établir un lien plus direct avec les intervenants et de répondre aux questions», a dit M. Massé.

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