À 76 ans, l’auteur prolifique Denis Monette vient de publier son 16e roman Les Délaissées, une histoire contemporaine empreinte de psychologie. À chaque nouvel ouvrage, le résident de Cartierville de longue date se demande s’il ne s’agit pas de son dernier livre.

«La seule chose que je ne voudrais pas qui m’arrive c’est de laisser une œuvre inachevée, raconte Denis Monette dans un restaurant du boulevard Gouin à quelques coins de rue d’où il vit. J’étais content, j’ai dit à ma fille: « Ce n’est pas encore celui-là ». Ça va arriver parce que j’écris sans cesse.»

Dans Les Délaissées que l’écrivain a mis 18 mois à rédiger, Ludger Vallin, un ex-professeur d’histoire dans la cinquantaine fait la conquête de quatre femmes à des moments différents et les quitte toutes sans laisser de traces.

Le livre de près de 450 pages aux nombreux dialogues révèle seulement à la fin pourquoi le protagoniste séduit ces femmes et les laisse tomber après avoir chamboulé toute leur vie. Dans la première des quatre histoires, Raymonde Costin va jusqu’à laisser son appartement pour s’acheter un condo avec Ludger. Elle quittera même son emploi avant de réaliser la tromperie.

«Les personnages féminins du récit ont quand même du caractère, mais Ludger est tellement beau joueur qu’elles se laissent manipuler par lui, dit M. Monette. Il réussit à s’infiltrer dans leur vie facilement.»

De tous ces romans, l’auteur affirme que Les Délaissées se rapproche le plus du style de La paroissienne, où un homme vivant un dur quotidien avec sa femme s’éprend d’une dame rencontrée dans un parc de son quartier. «Ce n’est pas un polar, mais un roman avec une intrigue forte pour les lectrices qui aiment être en haleine.»

Qu’est-ce qui lui a inspiré cette histoire? «J’avais tracé le synopsis il y a deux ans d’un homme qui a des comptes à régler. Dans le scénario de départ, il y avait une tournure dramatique, mais pas aussi intense. Le tout s’est intensifié au fil des dialogues.»

Denis Monette confie que l’écriture de ce roman a été une «soupape» pour passer au travers du décès de sa femme en juin 2011, après 54 ans de mariage. «J’avais déjà entamé cet ouvrage quand ma femme est décédée. Si je n’avais pas eu ça [l’écriture], mon deuil aurait été beaucoup plus long. Le roman était déjà entamé, il fallait que je le poursuive».

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