(Photo : Sylvain Gagnon) @BV:Denis Lemieux, résident de Cartierville, veut protéger les arbres qui embellissent son quartier. (Photo : Sylvain Gagnon)@BV:Denis Lemieux, résident de Cartierville, veut protéger les arbres qui embellissent son quartier.
Au bout du fil, c’est Linda Desrosiers, une citoyenne de Cartierville. «Hydro-Québec va abattre des dizaines d’arbres adultes dans le quartier».

La communication téléphonique résonne comme un appel au secours. Les arbres sont situés près du Bois-de-Liesse. Si la décision d’abattage est prise par Hydro-Québec pour des raisons de sécurité, les arbres bénéficient d’un sursis pour «évaluer la présence de zones de nidifications d’oiseaux migrateurs», comme l’explique Jean-Philippe Rousseau des communications d’Hydro-Québec.

Les résidents du quartier visiblement émus veulent empêcher totalement cet abattage. Ils sont relayés entre autres par Jocelyne Leduc Gauvin, présidente Comité pour la mise en valeur du Bois-de-Saraguay. «On se bat pour conserver le bois et on entend qu’on va abattre des arbres», s’indigne-t-elle. La coalition verte soutient également la démarche des résidents de Cartierville. Dans un communiqué virulent, l’organisation de défense de la nature annonce que : «des milliers d’arbres situés dans deux parcs-nature pourraient être menacés de coupes sauvages par Hydro Québec». Elle indique que les coupes débuteront dans le parc-nature du Bois de Liesse puis suivront les arbres dans le parc-nature du Bois de Saraguay. «Une longue bande d’au moins trois kilomètres traversant les boisés serait touchée», précise l’organisation.

Les citoyens inquiets déplorent aussi le manque d’information. Dans son communiqué, la Coalition verte affirme que : «les résidents sont outrés que seulement quelques propriétaires de terrain aient été avisés que leurs arbres seraient «taillés». Ils apprennent maintenant, de bouche à oreille, que la quantité d’arbres abattus pourrait être considérable».

Malentendu ?

Pour Hydro-Québec les lettres étaient parfaitement explicites et l’abattage était clairement mentionné.

La Coalition verte pense que l’argument sécuritaire d’Hydro-Québec ne tient pas la route. «Les pylônes et fils sont installés depuis des décennies sans qu’aucun incident n’ait été rapporté», affirme l’organisation. Par ailleurs, la Coalition verte estime que le milieu naturel formé de ces arbres constitue des «habitats exceptionnellement riches (…) peuplés de castors, d’autres petits mammifères et de populations d’oiseaux d’une grande diversité».

Chez Hydro-Québec on se défend de vouloir mener une coupe d’arbre sans raison. Il y’a les questions de sécurité pour le voisinage. «Il faut enlever les essences à grand déploiement qui menacent les lignes», explique Jean-Philippe Rousseau. «Dans la zone d’emprise d’Hydro-Québec, il y’a des pylônes qui supportent des lignes de transport de haute tension de 315 mille et 120 mille volts». «Le risque, dit-il, c’est l’arc électrique. Cela occasionne un court-circuit. Si les lignes déclenchent, cela affectera des milliers d’abonnés».

Pour M. Rousseau une cinquantaine d’arbres sont concernés. Il indique aussi qu’avant de décider de ces coupes, Hydro-Québec a informé les élus et les responsables des grands parcs de l’importance de l’opération ainsi que des raisons techniques et de sécurité qui imposent ces abattages. Des visites sur le terrain ont été effectuées au mois de mai avec les gestionnaires de la ville et de l’arrondissement.

Report

En plus des communiqués et des alertes, des courriels ont été envoyés aux élus et tous les responsables à la ville de Montréal.

Pour attirer l’attention et demander une intervention immédiate. Car, la Coalition verte, comme les citoyens, veulent «l’arrêt immédiat de l’abattage des arbres et requiert la tenue immédiate d’une réunion d’urgence des leaders politiques et des dirigeants d’Hydro Québec».

La réponse immédiate et efficace est venue de Josée Duplessis, conseillère de ville du district DeLorimier, responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts au comité exécutif de la Ville de Montréal. Elle a annoncé le 18 juin que l’abattage était reporté et qu’une réunion aurait lieu entre plusieurs intervenants; des employés des Grands parcs, de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, ainsi qu’une représentante d’Hydro-Quebec.

La réunion a abouti à un report des abattages. Selon Hydro-Québec le report, de quelques semaines dit-on, est destiné à . Dans le même temps, on assure que «Hydro-Québec poursuivra ses efforts de communication auprès des citoyens». Il reste que la priorité d’Hydro-Québec demeure «la sécurité du public et de ses lignes de transport».

Pour un complément d’information auprès d’un technicien forestier, Hydro-Québec met à la disposition du public un numéro de téléphone : 514 385-8888 poste 3781.

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