Les commerçants de l’avenue du Mont-Royal ont récemment signifié leur mécontentement de voir leur clientèle migrer vers les grands centres d’achats de banlieue. Intrigué par cette question, le Courrier a tenté d’évaluer le phénomène en sondant des commerçants des «deux rues Fleury», ainsi que les directeurs de leur association marchande respective.

On pourrait croire que la proximité d’Ahuntsic et Laval inciterait la population à faire ses emplettes de l’autre côté de la rivière des Prairies. Les résultats de notre modeste enquête tendent à prouver le contraire. Il semblerait qu’en plus de son achalandage local, la rue Fleury attire autant à l’est qu’à l’ouest des curieux d’un peu partout, à la recherche d’une ambiance de magasinage différente.

«On évalue à environ 120 000 personnes le bassin de population qui fréquente la rue Fleury, indique Jean Gauthier, directeur du regroupement de marchands de Fleury Ouest. Notre mission est d’élaborer une offre commerciale de proximité qui permettra de stopper l’exode vers Laval et le Marché central.»

François Morin, directeur général de la Société de développement commercial de La Promenade Fleury, à l’est, abonde dans le même sens. «La force d’une artère comme la nôtre vient de nos commerces de niche, du cachet et du dynamisme de la rue.»

«On se rend compte que les gens aiment cette proximité, celle-ci devenant même un critère dans le choix d’un quartier», commente M. Gauthier. Il appuie ses dires par la récente explosion de l’immobilier dans le secteur Saint-André-Apôtre, contribuant à l’essor de Fleury Ouest.

«Finalement, il n’y a que la température qui peut motiver notre clientèle à préférer les grands centres commerciaux, mais cette année, même la tempête historique du 27 décembre n’a pas freiné notre achalandage», conclut François Morin.

Et les affaires?

Robert Herrera, sommelier propriétaire du restaurant Les Cavistes, connaît bien ces mouvements de clientèle. Il a ouvert un premier bistro sur le Plateau avant de s’installer sur Fleury Ouest. «Avant d’ouvrir sur Saint-Denis, j’ai été surpris de voir dans mon étude de marché que la majorité de la clientèle du Plateau venait du 450», se rappelle-t-il.

Ahuntsic devient donc un choix intéressant pour un restaurateur qui cherche à fidéliser une clientèle locale. «Je préfère que les gens consomment peu et reviennent souvent dans l’année», répète M. Herrera qui, à l’instar du grand Bocuse, semble croire que le chef qui a raison est celui dont le restaurant est plein!

Pour Isabelle Quinn, de la boutique de sablés et de cupcakes Sweet Isabelle, les affaires vont très bien. Elle est pourtant installée dans un sous-sol d’une portion plus résidentielle de la Promenade. «La magie d’une petite rue commerciale facilite l’effet de bouche à oreille et permet un certain dynamisme pour les jeunes entreprises», dit Mme Quinn, dont la boutique a un peu plus de deux ans.

«C’est un quartier chaleureux et c’est ce que je voulais créer aussi avec mon commerce: inviter les gens dans ma cuisine. Ça fonctionne bien, nos clients viennent de partout, même de Laval et de la Rive-Sud», confie-t-elle, non sans afficher un large sourire.

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