Visant à contrer la sollicitation et le harcèlement sur la rue, le projet Cyclope est fondé sur le principe de la dénonciation des clients de la prostitution, décourageant la demande afin de contrer l’offre de services sexuels. Lors d’un entretien téléphonique, la députée fédérale d’Ahuntsic Maria Mourani annonce que l’opération s’intensifiera dans l’arrondissement.

Le projet Cyclope est implanté à Montréal depuis 2004 dans certains arrondissements. Son succès passe par la participation citoyenne, incitant les témoins d’acte de sollicitations de services sexuels à le signaler en remplissant le formulaire anonyme Cyclope. En identifiant, par exemple, la plaque d’immatriculation d’un client, il est possible pour le poste de quartier d’avertir l’individu qu’il a été vu en train de solliciter un service sexuel », précise Mme Mourani. Après avoir travaillé à faire connaître le projet à la population, la députée indique qu’une vaste campagne d’affichage sera entreprise pour décourager clients et prostituées à fréquenter un des trois foyers d’Ahuntsic. En plus de cet affichage, des patrouilles systématiques seront entreprises par le poste de quartier 27.

Ces foyers de prostitution sont, outre le secteur des motels sur Lajeunesse, le coin Henri-Bourassa/Saint-Laurent ainsi que Fleury et Saint-Laurent. « Dans ces secteurs, il n’y a pas que de la sollicitation. Les activités de prostitution viennent avec leur corollaire, proxénétisme, vente de crack et parfois même violence », déplore la députée.

« J’ai été personnellement interpellée en 2009 lorsque des citoyens m’ont témoigné que la prostitution connaissant une recrudescence aux alentours de la rue Lajeunesse. On ne me parlait pas que des deux motels, mais aussi des rues avoisinantes formant un quadrilatère problématique », note Maria Mourani qui a ensuite rencontré le commandant Carole Lalonde afin de partager ces inquiétudes citoyennes. Il s’est formé à la suite de cette rencontre un comité prostitution visant à contrer l’étalement du travail du sexe dans l’arrondissement.

Les salons de massage, une réalité oubliée

Il serait faux de croire que l’arrondissement est aux prises qu’avec des problèmes de prostitution de rue informe Mme Mourani: « Celle qui est invisible est la plus organisée et c’est celle qui rapporte le plus. » C’est pourquoi pour la députée, il faut absolument lutter contre la prolifération de salons de massage dans Ahuntsic. « Il ne faut pas se le cacher, certains sont de véritables bordels, indique-t-elle. Il me semble que 25 établissements de ce type dans le quartier, c’est suffisant, l’arrondissement devrait légiférer sur la question ».

Mme Mourani souligne qu’un moratoire sur l’octroi de permis à des salons de massage serait une première mesure prudente. « Ensuite, il faudrait faire voter, comme dans certaines villes, un règlement distinguant les maisons de prostitution et les salons dédiés à la massothérapie », ajoute encore la députée. Ses recommandations ont été remises à l’administration du Maire Gagnier, mais pour l’instant Mme Mourani assure ne pas avoir reçu de propositions d’actions.

Maria Mourani s’investit à la sensibilisation à la prostitution afin de lutter à casser la fatalité entourant cette réalité sociale: « ce n’est pas le plus vieux métier du monde et il est possible de l’enrayer », insiste-t-elle.

D’ailleurs dans le but d’informer les Ahuntsicois aux dangers de la prostitution, la députée invite les citoyens à la projection du documentaire «L’imposture» au Café de Da, le 16 novembre prochain, à 17 h.

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