Sylvain Gagnon L'auteur François Barcelo avec son livre réédité, J'enterre mon lapin.
Cette semaine est republié en version illustrée le livre J’enterre mon lapin de François Barcelo, paru en 2001. Le tirage original étant épuisé, un heureux concours de circonstances a permis à l’auteur d’Ahuntsic d’apporter quelques précisions à son texte d’origine, maintenant accompagné d’illustrations agrémentant la lecture tout en rehaussant le caractère comique de cette «histoire racontée par un narrateur qui ne la comprend pas toujours».

J’enterre mon lapin, c’est le journal quotidien de Sylvain Beausoleil qui, d’après ses propres mots, «n’est pas un vrai débile, il n’est rien qu’un déficient».

Comment l’idée est venu à M. Barcelo de présenter un personnage aux prises avec une déficience intellectuelle, n’ayant pas de connaissance particulière de la condition ni même de proximité avec le sujet? Il ne s’en souvient plus!

«En général je me rappelle du point de départ de mes livres, mais pour celui-ci, vraiment, je ne sais pas, indique-t-il embêté. J’écris toujours sans plan. J’aime écrire sans savoir comment mon histoire se terminera», conclut-il en riant.

«J’ai revu très sérieusement le texte pour clarifier certains passages», indique François Barcelo. C’est que J’enterre mon lapin est retranscrit tel qu’il aurait pu être écrit par le narrateur, avec des fautes d’orthographe.

«C’est très dur de travailler avec les fautes», confirme l’auteur, avouant au passage que certaines erreurs ont été imaginées pour leur potentiel comique. «D’ailleurs, le titre a été trouvé de cette manière, alors que Sylvain entend quelqu’un dire: « J’en perds mon latin. » Il comprend plutôt: « J’enterre mon lapin », ce qui pour lui est tout à fait logique.»

Les illustrations d’Agathe Bray-Bourret ajoutent au texte de Barcelo, puisqu’elles sont issues «d’une interprétation assez amusante du récit. Il y a des tas détails qui sont révélés grâce aux dessins et en le relisant, on en saisit davantage, commente l’auteur. En plus, ça rend les personnages encore plus concrets, surtout que je déteste les descriptions! Mais également, comme le narrateur se raconte à la première personne, il omet des informations pour lui évidentes, mais qui sont maintenant connues par le travail de l’illustratrice. C’est ça qui manquait au texte initial.»

Dr Jekyll et M. Hyde

Depuis une quinzaine années environ, François Barcelo alterne les registres d’écriture et les publics auxquels il s’adresse, en observant toutefois quelques constantes.

«J’écris presque toujours à la première personne, ce qui me force à respecter certaines contraintes. Par exemple, si j’écris sur un inculte, je dois faire l’effort d’être un peu débile lorsque j’écris. Mais je suis très doué pour ça! En général, le style est constant. J’écris sur quelqu’un qui est dans la merde», raconte l’auteur.

Il travaille dorénavant davantage à de petits textes, une centaine de pages, pas davantage. «Pas simplement parce que je perds un peu la mémoire, blague-t-il. Surtout puisque c’est plus facile à maîtriser pour l’auteur, mais pour le lecteur aussi.»

Durant cette période, l’auteur a notamment publié plusieurs courts textes pour adultes, dont J’haïs le hockey et Le seul défaut de la neige, et une série de titres pour enfants. «Je suis comme Dr Jekyll et M. Hyde: j’écris des histoires complètement monstrueuses pour les adultes et d’autres, pas nécessairement angéliques, mais quand même acceptables, pour les enfants», ricane l’auteur.

Ses premiers livres jeunesse ont été écrits dans le but que ses petites-filles puissent le lire.

François Barcelo prépare actuellement le troisième tome à la série «J’haïs», avec un essai sur les vieux, en plus d’assurer avoir encore quelques manuscrits inachevés dans ses tiroirs.

François Barcelo, «J’enterre mon lapin», Del Busso, 2012.

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