Sylvain Gagnon Félix Marcotte-Hétu,, Keanu Hilaire et Gabriel Cromp.
Quatre anciens patineurs des Braves d’Ahuntsic poursuivront dès septembre leurs études aux États-Unis où ils porteront sur la glace, les couleurs de leur nouveau collège. Le Courrier a rencontré Gabriel Cromp, Félix Marcotte-Hétu et Keanu Hilaire lors d’une de leurs séances d’entraînement en gymnase.

À 21 ans, Gabriel entrera à l’université Castleton au Vermont ou, en plus du hockey, il amorcera des études en kinésiologie. Plus jeunes, Keanu, Félix et William Flynn (qui n’était pas présent lors du passage du Courrier), passeront d’abord par les écoles préparatoires américaines pour terminer leur cursus scolaire général et où ils s’affronteront dans la Founders League.

« C’est incroyable de penser que ces jeunes-là ont réussi à se payer des études aux États-Unis grâce au hockey », insiste Stéphane Hétu, le père de Félix et ancien coach des quatre hockeyeurs chez les Braves. « C’est vrai qu’on reçoit des bourses pour nos études et que la vie est prise en charge par les collèges, mais il reste qu’en plus de s’entraîner, on doit travailler pour accumuler un peu d’argent. Avec ce que l’on cumule, on peut s’acheter des pièces d’équipement », complète Félix. « Et ce n’est pas parce qu’on est accepté la première année avec une bourse que l’on y aura toujours accès, précise Keanu, il faut que l’on maintienne une bonne moyenne ».

L’avantage américain

Contrairement au circuit junior québécois, le hockey collégial américain forme des athlètes beaucoup plus complets. Alors qu’au Québec 68 matchs sont disputés annuellement dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, nos quatre patineurs n’en disputeront qu’une trentaine, en plus d’ajouter la pratique de deux autres sports à leur entrainement. « Ce n’est pas tout à fait pareil aussi sur la glace, le jeu de bâton est différent là-bas, les légers accrochages sont davantage tolérés, bref les arbitres laissent les joueurs jouer », spécifie le défenseur Gabriel Cromp. Par contre, ces derniers ne tolèrent pas les escarmouches après le coup de sifflet: « étant intimement lié à l’école, le hockey collégial est très sévère quant au respect et c’est une bonne chose », indique encore Gabriel.

Le système de classement est également différent, favorisant les équipes à tout donner à chaque partie: une bonne équipe qui perd contre une formation de bas de classement peut chuter de plusieurs positions au classement. Ce système punitif fait en sorte qu’il « faut sortir fort à chaque rencontre », insiste le coach Hétu.

Et la ligue nationale?

Les quatre jeunes ont certainement ce rêve brûlant de faire partie un jour de l’élite et de jouer dans la Ligue nationale de hockey, mais ils se font philosophes lorsqu’ils abordent la question. « Il faut placer ses rêves à égalité, commente Keanu. Je crois que ce que nous faisons est la meilleure stratégie, utiliser le hockey pour aller le plus loin possible dans notre éducation et apprendre un métier que nous allons aimer autant que le sport », a-t-il dit avec sagesse. « Sinon on peut toujours aller jouer en Europe où, en engageant un agent, on peut négocier un contrat. Il y a aussi la Ligue que la côte est qui offre un calibre intéressant pour continuer à jouer », informe pour sa part Félix.

Finalement, tous sont d’avis pour dire que leur passage chez les Braves, alors qu’ils étaient encore jeunes, leur a donné le goût du hockey tout en les initiant à la discipline propre à ce sport de contact. « C’est un club avec beaucoup d’histoire, Maurice Richard a quand même joué pour eux », souligne Félix aussitôt interrompu par Gabriel annonçant au groupe une grosse transaction dans la ligue nationale. Bref, on ne se sentait pas en juillet avec ces trois jeunes passionnés!

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