Avec If, l’auteure Ghislaine Meunier Tardif complète sa trilogie dans laquelle elle explore la possibilité de l’amour chez les personnes du bel âge. Se développant tel un road movie, le ton de ce troisième et dernier volet est à mi-chemin entre la confidence et l’aventure. Rencontre avec la romancière ahuntsicoise.

«Dans le fond, ma trilogie est un prétexte pour parler des vieux», confie d’emblée Mme Meunier-Tardif, affirmant au passage qu’elle n’aime pas l’expression «aînés». «J’ai voulu aborder avec cette série le tabou typiquement américain de l’intergénérationalité et, à plus forte raison, revoir la dichtomie entre les jeunes et les vieux», ajoute-t-elle.

If met en scène la même héroïne que dans les deux premiers chapitres, Écarlate et Coup de soleil. Elle, une septuagénaire en quête de volupté et d’amitiés amoureuses, y décide de partir visiter l’ouest américain en véhicule motorisé avec un compagnon mal assortit choisi lors un étonnant concours. Paysages, mésaventures parfois cocasses et tensions de toutes sortes uniront, sur fond d’américanité, les deux voyageurs dans une épopée comme on en lit peu: où deux personnages d’un certain âge recherchent une parcelle d’amour dans l’ici et maintenant

Le principe de l’amour multiplicateur

«Au moment où j’écrivais Écarlate, j’avais déjà commencé à m’intéresser au principe de l’amour multiplicateur. Étonnamment, c’est en discutant avec mes petits-enfants que j’en ai appris le plus sur cette idée, comme si pour eux, c’était à la base de leur conception des relations», indique Mme Meunier-Tardif. Cette idée, qu’elle a d’ailleurs mûrie avec le Dr. Jean Mailhot, rompt avec la conception nucléaire de l’amour fondé sur le couple et entend embrasser une vision plus large des relations d’affections. «On aime toute notre vie, mais on aime de toutes sortes de façons», affirme l’auteur.

Une des expressions les plus prégnantes de ce principe dans l’œuvre de Mme Meunier-Tardif, se lit d’une part dans la réappropriation par les personnages de leur émotionnalité et de leur sexualité, mais aussi, d’autre part dans la transformation lente des rapports amoureux en tenaces amitiés. «Le succès des couples qui vieillissent ensemble tient justement de leur capacité à opérer cette transition de la passion des jours, à une amitié amoureuse tendre et sereine», philosophe la romancière qui est par ailleurs l’auteur de l’important essai, Le principe de Lafontaine paru en 1979 et réédité plus récemment sous le titre Les Auditifs et les Visuels.

D’innombrables projets

Ghislaine Meunier-Tardif avait 72 lorsqu’est paru son premier roman, Écarlate. Lorsqu’on lui demande pourquoi avoir attendu si longtemps avant de reprendre la plume – on la connaissait comme essayiste dans les années 80 – elle répond sans hésiter: «pendant plus de 15 ans je me suis occupé d’un vignoble dans la vallée du Richelieu, c’est donc dire que je n’avais pas de temps pour autre chose», dit-elle en riant.

C’est d’ailleurs grâce à ce vignoble qu’elle a rencontré celui qui est le personnage masculien de If. «Il m’a fait dédicacer un de mes livres, puis je l’ai engagé pour faire quelques tâches sur le vignoble, il est policier retraité», confirme-t-elle, racontant que de fil en aiguille elle trouva dans cette rencontre fortuite un compagnon de voyage qui permettrait à l’auteur de «faire avancer sa forme d’écriture en ajoutant une parcelle de mystère et d’inconnu!»

Malgré la nouveauté de If, Ghislaine Meunier-Tardif indique qu’elle a déjà d’autres idées de projets.

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