Grasieuseté BDC Philippe Durocher
L’orthopédiste Philippe Durocher, propriétaire du Laboratoire Bergeron ayant pignon sur rue boulevard Henri-Bourassa dans Ahuntsic, travaille depuis près de trois ans au développement d’une nouvelle technique de confection d’orthèses plantaires. Révolutionnaire, le projet de M. Bergeron lui a permis d’être sélectionné comme l’un des huit finalistes au Grand prix d’innovation de la Banque de développement du Canada (BDC). Le Courrier a rencontré ce jeune entrepreneur.

Nommé « Orthétique de l’avenir » le projet du Laboratoire Bergeron consiste à redéfinir les techniques traditionnelles de confection d’orthèse. Le système imaginé par Philippe Durocher, s’inspirant du moulage de prothèses auditives, est contrôlé par ordinateur et permet d’injecter de la résine liquide dans une semelle orthopédique préfabriquée. « L’ajustement de l’orthèse est ainsi plus précis que les méthodes établies dans la profession demeurant toujours un peu artisanales » informe M. Bergeron.

Mais quelle est la différence pour le client ? « Elle est considérable s’exclame l’entrepreneur. Avec la méthode traditionnelle, le patient doit se déplacer pour le moulage, attendre environ deux semaines pour la confection et revenir pour la livraison des orthèses. Avec le système que je développe, une seule visite d’une quinzaine de minutes suffit », poursuit-il avec enthousiasme. Avec cette économie importante de temps de travail des orthopédistes, la facture remise au patient sera également moindre avec cette méthode. « J’ai toujours cru qu’il y avait une manière plus efficace de produire des orthèses, nous voilà tout près du but et je crois que cette nouvelle technique va révolutionner le domaine », confie M. Bergeron.

Un entrepreneur né

Après un diplôme d’études collégiales (DEC) en administration, M. Bergeron, qui a toujours eu la piqure pour l’entreprenariat, a poursuivi dans la même veine à l’école des Hautes études commerciales (HEC) de l’Université de Montréal. Après un an, l’étudiant se questionne sur son programme d’études : « étudier en administration c’est bien, se rappelle-t-il, mais on n’apprend pas à administrer concrètement ». C’est pourquoi M. Bergeron s’est alors cherché un métier! Habile de ses mains, il opte en 1999 pour la technique d’orthétique au cégep Montmorency. Parrainé après ses études par Normand Bergeron, alors propriétaire et fondateur du laboratoire du même nom, M. Durocher achète l’entreprise en 2003, à 25 ans!

C’est dans le respect de la philosophie de M. Bergeron que le jeune entrepreneur a fait rayonner le commerce d’Ahuntsic tout en étant au service de ses citoyens. « Le laboratoire Bergeron, c’est aussi une boutique spécialisée en chaussures et en accessoires d’aide à la marche. On souhaite améliorer le mieux-être de notre clientèle », insiste M. Durocher.

Depuis 1988 la BDC remet un prix soulignant le dynamisme d’un jeune entrepreneur d’ici, âgé entre 18 et 35 ans. Pour la première fois cette année, le montant de la bourse s’élève à 100 000$. C’est par référendum en ligne que les Canadiens étaient invités à voter pour leur projet favori. Cette campagne s’est échelonnée du 30 mai au 19 juin. Les résultats seront communiqués sur le site web du Courrier lorsqu’ils seront rendus publics.

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