La rédaction adressera chaque semaine une question aux candidats des quatre principales formations politiques de la présente campagne électorale. Nous publierons leurs réponses dans nos pages.

Rachid Bandou, Parti québécois

Une ferme volonté politique de maintenir l’administration publique saine et intègre est l’ingrédient minimal essentiel pour un bon ménage! Pendant trois longues années, le Parti québécois, fortement appuyé par l’opinion publique, a demandé, avec ardeur et ténacité, une vraie commission d’enquête. Pendant tout ce temps, les Libéraux ont délibérément choisi de faire la sourde oreille et de laisser libre cours à toutes les pratiques douteuses et à la corruption. Et aujourd’hui, il faudrait croire en leur sincérité et leur volonté de faire le ménage? Le Parti québécois est persuadé que la Commission Charbonneau fera désormais son travail, mettra au grand jour ces pratiques douteuses, sinon illégales et démasquera les individus et organisations derrière. Et la Justice suivra son cours. D’ici là, un gouvernement du Parti québécois appliquera la panoplie de mesures détaillées dans son programme, qui visent d’abord et avant tout, à rétablir l’intégrité et l’éthique dans la fonction publique et parapublique, à tous les niveaux, jusqu’aux municipalités. La loi électorale sera modifiée, notamment sur le financement des partis politiques qui deviendra essentiellement public et permettra ainsi de court-circuiter, en amont, les jeux d’influence et les enveloppes brunes. Sur le terrain, l’embauche, notamment au ministère des Transports, de gestionnaires et de responsables techniques qui n’auront de maître que le bien public, permettra au gouvernement de se donner les moyens de reprendre le contrôle des projets, du début à la fin. Le Québec sera certainement mieux servi. À nous de choisir, mieux pour le Québec, que Jean Charest et ses Libéraux!

Christine St-Pierre, Parti libéral du Québec

Un gouvernement libéral présentera, dès la rentrée parlementaire, un projet de loi visant à bloquer automatiquement l’accès aux contrats publics aux entrepreneurs en construction, dès que ceux-ci feront l’objet d’une accusation pour infraction criminelle grave ou pour fraude. Pour lutter efficacement contre la collusion et la corruption, notre premier ministre, entouré d’une équipe aguerrie, a fait preuve de ténacité et de détermination pour tenter d’enrayer ce fléau. Le gouvernement libéral a fait tout en son pouvoir pour y arriver. Depuis plus de 2 ans, des moyens ont successivement été mis en place. Il fallait donner aux forces policières et aux personnes chargées de contrer la corruption, les moyens d’agir, de faire leur travail pour arriver à dénouer des situations complexes. Nous avons adopté plus de dix lois pour lutter contre la corruption et nous avons posé de nombreux gestes, dont la mise en place de l’escouade Marteau, le lancement de l’Unité permanente anticorruption disposant d’un budget annuel de 30M$. Nous avons également mis en place la Commission Charbonneau. Je suis fière du bilan de notre gouvernement en cette matière. Nous sommes intègres et déterminés à ce que l’argent des contribuables soit utilisé à bon escient.

Marianne Breton Fontaine, Québec Solidaire

En 2010, le député de Québec Solidaire, Amir Khadir, et plusieurs autres réclamaient la tenue d’une commission d’enquête sur les contrats octroyés par l’État ainsi que sur le financement des partis politiques. Personne du Parti libéral n’avait appuyé cette motion. Deux ans plus tard, à la suite d’une pression immense sur les Libéraux, nous avons finalement obtenu la Commission Charbonneau. Québec Solidaire propose une série de mesures pour lutter contre la corruption qui sévit particulièrement via le système de financement électoral des partis politiques, en abaissant le plafond des dons individuels, en augmentant la contribution publique au financement des partis, en abaissant le plafond des dépenses permises dans les campagnes électorales, en exigeant plus d’informations sur les donateurs, en fournissant plus de ressources humaines au DGEQ pour combattre le financement illégal et en imposant des sanctions plus sévères à ceux et celles qui contreviennent à la loi. Mais au-delà de mesures concernant le financement des partis politiques, nous pensons à Québec Solidaire que la véritable façon de mettre fin à la corruption à long terme est de tendre vers plus de démocratie et de transparence. Si les décisions qui nous concernent tous et toutes sont constamment prises derrière des portes closes, il n’est pas étonnant d’y voir un climat approprié pour la corruption. La participation des gens dans les instances démocratiques est essentielle. Pour cela, il faut renouveler ces instances, avoir plus d’espaces de débats, les élargir à plus de personnes, les rendre encore plus démocratiques.

Abel-Claude Arslanian, Coalition Avenir Québec

Ces dernières années, de nombreuses allégations de corruption et de collusion ont miné l’industrie de la construction, les municipalités et surtout, le gouvernement libéral. Pendant deux ans, Sylvie Roy, aujourd’hui membre de la Coalition Avenir Québec, réclamait sans cesse la tenue d’une enquête pour faire la lumière sur les allégations. Ce n’est que l’hiver dernier que les libéraux ont cédé aux pressions fusant de toute part dans la population, le monde municipal et politique en créant la Commission Charbonneau. Et c’est probablement pour ne pas avoir à subir les contrecoups de la commission que le gouvernement Charest a déclenché des élections hâtivement. François Legault, chef de la Coalition, a annoncé que la première loi que son gouvernement adoptera créera la poste de commissaire à l’intégrité et révisera les règles d’attribution des contrats publics. Je crois que l’arrivée à la CAQ de Jacques Duchesneau, premier témoin vedette de la Commission Charbonneau qui a mis à jour plusieurs pratiques douteuses, est un signe que la CAQ veut réellement faire le ménage. N’ayant aucunement les mains liées, nous mettrons en place les mesures requises afin de contrer la corruption et la collusion tant dans les sphères gouvernementales et municipales que dans l’industrie de la construction et le financement des partis politiques. Un nouveau parti comme la CAQ, qui n’a pas les mains liées, est le mieux placé pour mener cette bataille.

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