Un projet visant à briser l’isolement des immigrantes à travers huit régions du Québec aura des échos jusque dans le quartier. Le Centre d’appui aux communautés immigrantes (CACI) de Bordeaux-Cartierville en tirera des bénéfices dès cette année. Un guide permettant aux immigrantes de mieux connaître les ressources s’offrant à elle sera élaboré. Un comité mixte composé de nouvelles arrivantes et de Québécoises de souche sera aussi créé afin de favoriser des échanges entre les deux groupes.

La Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), dont le CACI est partenaire a reçu un montant de 80 000$ du ministère de l’Immigration. Cette Table pourra ainsi mettre en place son projet «Améliorer les pratiques et créer des ponts pour plus d’égalité et de leadership des néo-Québécoises» en collaboration avec sept organismes œuvrant auprès des personnes immigrantes. Ce projet fait partie de 17 autres propositions retenues par la ministre Kathleen Weil dans le cadre du programme Action diversité.

Pour élaborer le projet, 200 rencontres avec des immigrantes ont eu lieu dans sept régions de la province où l’immigration est significative. Montréal, l’Estrie, Québec et l’Outaouais en font partie. «Ce qui est ressorti le plus souvent est le manque de lieu d’échange pour ces femmes, indique Yasmina Chouakri, coordonnatrice du volet Femmes à la TCRI. Le projet a été préparé en fonction de leurs besoins afin de remédier à leur isolement».

La TCRI veut aussi favoriser la concertation entre ses partenaires et des organismes du mouvement des femmes.

«On est partie d’un constat de fragmentation du mouvement communautaire. Chaque secteur travaille de son côté. Il faut que les services de part et d’autre s’adaptent et prennent en compte les besoins des immigrantes. Les organismes pour immigrantes et réfugiées et les organismes pour femmes ont intérêt à travailler ensemble», souligne Mme Chouakri.

Défi des immigrantes

Selon Yasmina Chouakri, les immigrantes sont souvent aux prises avec une série d’obstacles où chaque élément affecte l’autre. Les difficultés les plus fréquemment rencontrées touchent l’emploi et les places en garderie. «Certaines ne vont pas se franciser convenablement en raison de l’absence de places en garderie pour leurs enfants. Ça les met dans des situations d’isolement, d’absence de réseau, car elles sont prises avec une série d’obstacles qui s’entremêlent. Notre projet ne réglera pas tout, mais les rencontres qui en émaneront leur permettront de mieux comprendre les enjeux au Québec et de se rendre compte que des fois les obstacles sont partagés avec d’autres femmes.» Anaït Aleksanian, directrice du CACI, voit d’un bon œil le projet de la Table. Pour elle, il permettra à l’organisme local qu’elle gère de donner un meilleur service aux immigrantes. «Nos intervenants sur le terrain seront mieux outillés pour servir cette clientèle. On va adapter nos services pour faciliter leur intégration. Ce sera une occasion de partager les bonnes pratiques et de s’en inspirer», a partagé Mme Aleksanian. La CACI participera, entre autres, à la mise en place des comités regroupant des femmes de toutes origines.

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