David Eng est un Ahuntsicois de 35 ans. À partir du 29 août prochain à Londres, il représentera le Canada pour une troisième fois aux Jeux paralympiques en basketball en fauteuil roulant. En 2004 à Athènes, il avait ramené l’or au pays, tandis qu’à Pékin, c’est avec la médaille d’argent au cou qu’il avait brillé. Le Courrier a rencontré cet athlète d’exception.

« On quitte le Québec le 15 août pour la Hollande où nous allons disputer un tournoi préparatoire. Ça nous permettra de nous acclimater au décalage horaire, en plus d’améliorer notre préparation parce que nous affronterons des équipes de notre groupe de compétition aux paralympiques », informe David Eng, joint au téléphone la veille du grand départ. La cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques aura lieu le 29 août prochain. Ensuite, ce sera le début d’un parcours éreintant pour Équipe Canada: « la ronde des groupes se déroule en cinq jours. Nous jouons un match par jour contre chacune des cinq autres équipes de ce pool », commente-t-il. Ensuite seront tenues, après une journée de congé actif, les rondes éliminatoires, jusqu’à la grande finale.

David Eng est confiant en son équipe en vue du tournoi. « Toutes les équipes de notre groupe, nous les avons vaincus cette année et avec le tournoi préparatoire, nous aurons le temps de modifier nos plans de matchs, revoir notre alignement en fonction des forces et faiblesses de chacun, mais surtout, de faire quelques vidéos des équipes, ce qui est vraiment utile à notre préparation ». Le Canada est une puissance mondiale en basketball en fauteuil roulant, sport à la fois rapide, intense et robuste. En 2000, avant que David Eng ne se joigne à l’équipe, la formation avait également remporté l’or aux Jeux de Sydney.

Un handicap non règlementaire

Si l’athlète de 35 ans joue au basketball en fauteuil depuis 1989, ce n’est seulement depuis 2004 qu’il peut accompagner l’équipe canadienne dans les compétitions internationales, son handicap n’étant pas répertorié avant cette date. « J’ai une jambe plus courte que l’autre de près de 4 centimètres. Dans la vie de tous jours, je n’utilise pas ma chaise, j’ai une talonnette dans mon soulier, mais je ne peux pas courir ni sauter avec intensité », confie David Eng.

2004 a été aussi une année significative pour David, lui qui a performé à tous les niveaux lors de cette année. « C’est bien sûr l’année de ma médaille d’or, mais ce que peu de gens savent c’est que j’ai été aussi en nomination cette année-là au gala sport Québec, dans la catégorie Athlète de l’année aux côtés de Sydney Crosby alors qu’il jouait encore pour l’Océanic », dit-il avec fierté.

Celui qui vit à Ahuntsic depuis toujours s’entraîne actuellement à quatre endroits différents. De Longueuil à Pierrefonds, en passant par Montréal-Nord pour les entrainements sur les terrains de basketball et à LaSalle pour la musculation, David Eng, ne se cache pas qu’il aimerait s’entrainer dans Ahuntsic, afin de diminuer les coûts liés à tous ses déplacements. « Juste à côté de chez moi, il y a le Collège Bois-de-Boulogne où je pourrais m’entraîner, mais en même temps je n’ai pas de contact là-bas. Je me considère chanceux d’avoir mes partenaires actuels qui me prêtent les plateaux de gymnases gratuitement, ce sont en quelque sorte mes commanditaires », dit l’athlète. Et pourquoi pas le Centre Claude-Robillard? « Quand je suis revenu de l’Université du Texas, j’avais une entente avec eux, mais les disponibilités du gymnase n’étaient pas adéquates, en plus le plancher était en caoutchouc et donc beaucoup trop lent pour mon calibre », conclut-il.

Le Courrier suivra les performances d’Équipe Canada et de David Eng aux prochains Jeux paralympiques.

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