Sylvain Gagnon Des citoyens ont une fois de plus questionné les élus à propos du vaste complexe de tours d'habitation projeté sur le boulevard Henri-Bourassa, sur le site des anciens garages du ministère des Transports.
Des citoyens d’Ahuntsic-Ouest mobilisés contre le projet immobilier Musto, un complexe de près de 800 condos projeté sur le boulevard Henri-Bourassa, multiplient leurs présences sur le terrain. Après s’être déplacé à la séance du conseil municipal en juin, une dizaine de résidents étaient présents au conseil d’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville le 3 juillet. Leur objectif était d’interpeller les élus sur leurs inquiétudes.

Luc Villandré, porte-parole du comité de citoyens pour le développement équilibré d’Ahuntsic-Ouest, a demandé aux élus les raisons pour lesquelles le projet de la Maison des arts et des lettres a pu être stoppé après la tenue d’un référendum tandis que le projet Musto échappe à ce processus?

Selon le directeur du développement du territoire, Gilles Côté, le promoteur a fait appel à l’article 89 de la charte de la Ville de Montréal, qui accorde cette exception aux projets de grande superficie (plus de 25 000 m2). Aucun référendum n’est donc prévu.

L’Office de consultation publique de Montréal, qui a tenu des consultations en mai dernier, remettra son rapport à la fin de l’été.

Leçon pour l’avenir

Alain Villandré a aussi questionné les élus sur ce dossier. Il souhaitait connaître les questions qui préoccupent les représentants politiques en lien avec le projet Musto.

Le conseiller de Bordeaux-Cartierville a mentionné, tout comme sa collègue du district d’Ahuntsic, qu’une consultation en amont aurait été nécessaire dans ce processus. Aucun mécanisme n’obligeait le promoteur à le faire.

«Dans le futur si on accorde le privilège de l’article 89, il faut qu’il y ait un travail qui soit fait au niveau de la communication auprès des citoyens. On ne peut pas arriver avec une consultation publique pour un projet de 932 logements sur le coup d’une annonce ou d’un communiqué envoyé chez les citoyens», a exprimé M. Chitilian.

Le conseiller de Sault-au-Récollet, Étienne Brunet, a lui aussi réagi. «J’ai regardé si des experts peuvent se prononcer sur ce sujet, comme les Clément Demers et Phyllis Lambert, des personnes qui ont participé au développement de Montréal. Je suis très intéressé à obtenir leur vision de ce projet et son intégration dans le cadre bâti d’Ahuntsic-Cartierville», a-t-il souligné.

Les conseillères d’Ahuntsic et de Saint-Sulpice, Émilie Thuillier et Jocelyn Ann Campbell, sont en mode attente. «Le processus de consultation est terminé. C’est avec beaucoup d’anticipation que j’attends le rapport de l’OCPM. Les questions viendront une fois qu’on lira le document», a mentionné Mme Campbell.

Le projet

Huit immeubles de 8 à 12 étages sont envisagés sur l’actuel terrain vague, situé entre les boulevards Henri-Bourassa et Gouin. Autrefois occupé par Transports Québec pour l’entretien et l’entreposage d’équipement de voirie, le terrain devra être décontaminé.

Le projet respecte la stratégie d’inclusion de logements sociaux et abordables de la Ville. Il comprend 143 logements sociaux et 789 condominiums.

Les critiques citoyennes touchent principalement la densité et la hauteur du projet, en plus de l’absence d’études d’impacts en lien avec l’arrivée potentielle de 2500 nouveaux résidents dans le quartier.

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