Sylvain Gagnon/TC Media Pierre Monet, libraire, souhaite que les CLD continuent d'exister.

La disparition éventuelle des Centres locaux de développement (CLD) a créé une véritable onde de choc à Ahunstic-Cartierville. Le milieu des affaires s’inquiète et des entrepreneurs racontent comment la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) d’Ahuntsic-Cartierville, dans son rôle de CLD, les a soutenus dans leur cheminement.

La librairie Monet n’est plus à présenter. Installée aux galeries Normandie depuis 35 ans, elle est devenue une destination montréalaise pour les événements culturels et littéraires qu’elle organise. «En 2004, nous avons eu recours la première fois au soutien et à l’aide du CLD pour agrandir, explique Pierre Monet, le propriétaire. On avait évalué le projet et en réunissant des partenaires, on s’est rendu compte qu’il nous manquait une partie du financement. C’est à ce moment-là qu’on est allé voir la CDEC.»

Pour le patron de cette entreprise qui emploie aujourd’hui 35 personnes, il n’y a pas d’autres choix pour une entité d’affaires que de prendre de l’expansion et dans son cas, l’aide du CLD a permis de faciliter le processus. Spécialisé dans le livre jeunesse et la bande dessinée, M. Monet fournit également des écoles et des institutions de Montréal – pour ce qui est du territoire du Québec – et d’autres situées ailleurs au Canada.

«Sans la CDEC, cela se serait fait quand même, mais certainement avec plus de complications parce que les banques avaient du mal à suivre», observe-t-il. Pour lui, le CLD est aussi une structure de validation. «En tant qu’entrepreneur, on est souvent rêveur, note M. Monet. Toutefois, un plan d’affaires ce sont des chiffres et lorsqu’ils sont lus par des gens qui s’y connaissent, cela permet de savoir si on a vu juste ou s’il faut refaire ses devoirs.»

Il est rejoint dans ce constat par Mathieu Morin, cofondateur de la coopérative Belvédère communication. Cette entreprise d’économie sociale est spécialisée dans la communication et le marketing. M. Morin s’est installé avec ses partenaires sur la rue Chabanel, un des secteurs les plus dynamiques de l’arrondissement. «La CDEC nous a souvent demandé de réviser nos estimations de marché, de préciser nos cibles, se souvient M. Morin. C’était parfois lourd, mais cela nous a permis de valider notre projet d’affaires.» Pour lui sans la CDEC, la coopérative n’aurait pas pu accéder aux fonds de capital de risque.

«Les coopératives ont un mode de fonctionnement que les banques ignorent totalement, prévient-il. L’aide de la CDEC et du CLD a été décisive pour nous.» Pierre Monet a pu rembourser son prêt initial au bout de cinq ans. Il a sollicité l’année passée une nouvelle fois la CDEC pour un autre agrandissement. Il a créé une salle de consultation pour les clients institutionnels. «Il y a 2500 titres sur les tablettes qui viennent du Québec, de France et d’ailleurs, signale-t-il. Ils sont renouvelés chaque mois.»

La coopérative de Mathieu Morin a débuté avec quatre coopérateurs. Le nombre a été doublé en quelques mois et la prévision de chiffre d’affaires a été quadruplée. «Je ne suis pas un gardien des structures, mais quelle que soit la forme que cela prendra, il faut que cette expertise demeure», soutient M. Morin.

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