Isabelle Bergeron/TC Media Le nombre de frênes abattus à Ahuntsic-Cartierville représente plus de 16% du nombre total d'arbres infestés par l'agrile éliminés à Montréal.

Pour compenser l’abattage à venir de milliers de frênes ravagés par l’agrile, l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville a entrepris d’élargir son opération annuelle de reboisement. Près de 1000 arbres seront plantés sur le domaine public devant les résidences privées, cette année.

La présence de l’agrile du frêne, cet insecte nuisible venu d’Asie, changera radicalement le paysage urbain dans un avenir proche. L’arrondissement estime à 8000 le nombre d’arbres qui devront être abattus sur le domaine public en raison de ce fléau, dont 719 cette année, en plus des arbres qui doivent être coupés pour d’autres motifs.

Afin de limiter le recul du couvert forestier, des équipes ont entamé une vaste opération de reboisement ce printemps qui s’intensifiera à l’automne. Pour chacun des 968 arbres plantés, l’arrondissement recevra 900$ de la ville-centre, soit par financement direct ou par le biais d’un contrat avec une entreprise privée.

«Nous avons le devoir d’agir rapidement, souligne Carole Légère, chef de la division Parcs et Installations de l’arrondissement. Le jour où les citoyens se réveilleront sans arbres dans leur rue, ils comprendront la gravité du problème et l’importance d’avoir une forêt urbaine.»

Ce Plan de gestion intégrée de la forêt urbaine prévoit le remplacement d’un arbre malade ou une plantation pour toute résidence qui n’a présentement aucun arbre devant sa façade. Plusieurs citoyens ont reçu un accroche-porte les avisant de cette opération. Des marques blanches indiquent l’emplacement des futurs arbres.

Santé publique
«Certains citoyens vont réagir parce qu’ils ne veulent pas d’arbre devant leur résidence, prévient Pierre Francoeur, agent technique principal en horticulture et arboriculture de l’arrondissement. Nous le faisons pour l’ensemble de la population et les générations futures. Si nous n’agissons pas tout de suite pour remplacer la population d’arbres, nous ne pourrons pas faire face aux maladies liées aux îlots de chaleur, comme les problèmes cardio-respiratoires. La Ville a le souci de la santé des gens.»

Malgré ces efforts pour renouveler sa population d’arbres, Ahuntsic-Cartierville fait face à une problématique de perte d’arbres, constate M. Francoeur. «Nous avons une forêt vieillissante et l’agrile vient accélérer le processus. Dans les années 1950, la Ville plantait annuellement 10 000 arbres contre 4 000 de nos jours, par manque de ressources.»

Pendant que les cols bleus s’affairent à planter de jeunes arbres sur le domaine public, les opérations d’abattage se poursuivent. L’arrondissement possède une déchiqueteuse capable d’accueillir des troncs d’un diamètre inférieur à 45 cm, permettant ainsi de neutraliser l’agrile. Les copeaux serviront à des travaux horticoles ultérieurs, tandis que les troncs des plus gros arbres seront vendus à l’encan pour du bois de sciage.

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