David Riendeau/TC Media L'UPAC a mené une perquisition dans les bureaux de la firme génie-conseil Leroux, Beaudoin, Hurens et associés, rue Crémazie Est, aujourd'hui.

Au lendemain d’une série de perquisitions spectaculaires en lien avec le scandale des compteurs d’eau sur l’île de Montréal, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a frappé une nouvelle fois aujourd’hui, cette fois-ci au siège de la firme de génie-conseil LBHA. Il s’agit de la troisième intervention de l’UPAC en autant de semaines dans Ahuntsic-Cartierville.

L’UPAC a confirmé qu’une opération avait eu lieu dans la matinée. Des enquêteurs ont saisi du matériel pouvant servir de preuve. Aucune arrestation n’a été faite et aucune personne n’a été interrogée dans les bureaux de la firme LBHA, situés au 255, rue Crémazie Est.

LBHA est l’acronyme de Leroux, Beaudoin, Hurens et associés. Le nom de la firme est revenu à quelques reprises à la commission Charbonneau. Bernard Trépanier, l’ancien argentier du parti Union Montréal, et Rosaire Sauriol, ancien haut-dirigeant de Dessau, ont tous deux identifié LBHA comme faisant partie d’un club sélect de firmes qui se partageaient les contrats publics à la Ville de Montréal, avant même que les appels d’offres ne soient lancés.

La porte-parole de l’UPAC, Anne-Frédérick Laurence, a indiqué que la perquisition chez LBHA était en lien avec l’opération de la veille, dans cinq résidences de Montréal.

Hier, les policiers ont visité la demeure de l’actuel maire de Lachine, Claude Dauphin, ainsi que celle d’anciens élus de la Ville de Montréal. Les enquêteurs ont notamment cogné à la porte de l’ancien maire de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Cosmo Maciocia, et de l’ancien conseiller Sammy Forcillo.

Scandale des compteurs d’eau
Les perquisitions des deux derniers jours ont été menées dans le cadre d’une enquête portant, entre autres, sur l’attribution des compteurs d’eau.

Rappelons que la Ville de Montréal avait accordé un contrat de 356M$ au consortium GÉNIeau, formé des compagnies Dessau et Simard-Beaudry, pour l’installation de compteurs d’eau.

Un rapport dévastateur du vérificateur général avait contraint le maire de l’époque, Gérald Tremblay, de casser le contrat en 2009. La Ville de Montréal avait dû dédommager le consortium au montant de 10,2M$.

Des arrestations à prévoir?
Pour Danielle Pilette, professeure à l’UQAM et experte des questions sur la gestion municipale et métropolitaine, il est difficile d’évaluer si l’UPAC multiplie les perquisitions en vue de porter des accusations.

«On peut présumer que l’UPAC souhaite mener des arrestations, mais on peut également penser que les enquêteurs accumulent des preuves, pour éventuellement réclamer de l’argent aux firmes impliquées dans ce scandale. Même si le contrat a été annulé. La Ville de Montréal a encouru des sommes importantes.»

Mme Pilette déplore la gouvernance déficiente de la Ville de Montréal et du gouvernement dans ce dossier. «Au-delà des individus, il y a un problème systémique. L’UPAC et un vérificateur général, c’est bien, mais ils enquêtent après que le mal soit fait. Il faudrait mettre en place des mécanismes de surveillance qui vont prévenir ce genre de scandales.»

Trois perquisitions en trois semaines
La perquisition d’aujourd’hui est la troisième visite de l’UPAC en autant de semaines dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.

  • Le 8 juillet dernier, les bureaux de la firme de génie-conseil, Groupe SMi, situés rue Chabanel, recevaient la visite des enquêteurs.
  • Le 16 juillet, l’UPAC menait des perquisitions chez l’entrepreneur général Décoration Pinceau, rue Port-Royal Est.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!