L’organisme Concertation femme a trouvé un moyen original pour sensibiliser les femmes des communautés culturelles aux examens préventifs du cancer. Il a organisé un atelier durant lequel elles pouvaient s’écrire des cartes à soi-même ou fabriquer des bracelets rappel mammo pour se souvenir de se faire ausculter pour prévenir le cancer du col de l’utérus ou le cancer du sein.

Il est connu que les femmes immigrantes sont peu enclines à passer des examens médicaux pour prévenir les cancers féminins. Les raisons invoquées sont toutefois diverses et parfois nébuleuses.

«On a fait une étude auprès des Centre de santé et services sociaux (CSSS) et on a vu que les femmes de certaines communautés participaient moins aux actions de prévention du cancer du sein ou du col de l’utérus», assure l’infirmière Johanne Lessard, coordonnatrice au Programme Québécois de dépistage du cancer du sein de l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal.

«On a eu l’idée de travailler avec des organismes qui rejoignent leur communauté et les habiliter à diffuser l’information», explique-t-elle.

L’Agence de santé envoie une lettre à toutes les femmes de plus de 50 ans pour une mammographie ou un «paptest» tous les deux ans. «Il faut voir cela comme une prescription du médecin», dit Christine Saint-Pierre, députée de l’Acadie et ministre des Relations internationales et de la Francophonie.

Ambassadrice pour la prévention des cancers féminins auprès des femmes arabes, Rabia Chamoun confirme que les femmes immigrantes sont moins proactives pour se faire ausculter. «Quand on leur demande d’aller le faire, elles promettent mais elles ne le font pas», indique-t-elle.

Alors que des campagnes pour lutter contre les cancers féminins se multiplient dans la province, il semble que ces informations n’arrivent pas dans les communautés.

Les raisons invoquées sont souvent les soucis de la vie quotidienne. «Ces femmes négligent leur santé car elle pense plus au bien-être de leurs proches», observe souligne Heivi Koufli, ancienne gynécologue et bénévole chez Concertation femme.

La question culturelle intervient également dans ces situations. «Pratiquer une mammographie ou aller voir un gynécologue pour se faire ausculter pour le cancer du col de l’utérus n’est pas inscrit dans la culture de certaines femmes», avoue Mme Chamoun.

Mme Saint-Pierre reconnaît que ces examens médicaux ne sont évidents pour aucune femme. Elle est sollicitée pour la deuxième année par l’organisme Concertation-femme de Bordeaux Cartierville pour être marraine de l’événement de sensibilisation. «Se montrer devant une personne qu’on ne connait pas, se dévêtir et se faire toucher ses parties intimes, ce ne sont pas des examens agréables, assure-t-elle. Mais, cela prend juste quelques minutes et ça peut sauver la vie.»

Au-delà d’un organisme comme Concertation femme, tous les moyens sont utilisés pour informer les femmes de l’utilité de ces examens. «Les nouvelles arrivantes, quand elles ne maitrisent pas la langue, restent souvent dans leur communauté et s’informent par le biais des médias communautaires», constate Dominique Claveau, de la Société canadienne du cancer.

On veut alors diffuser ces informations dans toutes les langues, chez les coiffeuses, les épiceries de quartier ou dans les cours de francisation. Concertation femme pour sa part a publié un cahier d’information en dix langues.

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