Amine Esseghir/TC Media Mehdi Tirkawi, imam de la mosquée Al Rawdah à Cartierville, considère que le rôle du religieux dans la lutte à la radicalisation doit être soutenu par d'autres moyens.

Le directeur du Centre de prévention à la radicalisation menant à la violence, inauguré cette fin de semaine, n’hésite pas à faire appel à des imams quand c’est nécessaire pour aider des jeunes radicalisés. Or, s’il admet qu’il peut être utile pour prévenir la radicalisation, l’imam de la mosquée Al Rawdah à Cartierville reconnaît que son rôle a ses limites.

Herman Deparice-Okomba, directeur du Centre de prévention à la radicalisation menant à la violence (CPRMV), sait que parmi les ressources pour lutter contre la radicalisation se trouvent aussi des religieux. «Je ne veux pas stigmatiser une communauté religieuse en particulier, mais je suis en contact avec des imams et je peux leur faire appel si c’est utile», dit-il.

Mode opératoire
Mehdi Tirkawi, imam de la mosquée Al Rawdah à Cartierville, admet qu’il a un rôle à jouer dans ce cadre. «Je rencontre actuellement un jeune du quartier qui était en voie de radicalisation», relève-t-il. Ce jeune suivait l’idéologie salafiste et une lecture littéraliste du Coran.

«Le premier jour où je l’ai vu, il m’a désigné des versets en me mettant au défi de les expliquer», raconte-t-il. Pour lui, il était intéressant de guider ce jeune en expliquant les aspects jurisprudentiels de ses demandes. «Maintenant je lui parle du comportement en général et comment l’Islam nous appelle au respect des valeurs universelles», dit-il.

Cependant, si M. Tirkawi reconnaît que la mosquée peut-être un point de départ pour se pencher sur le cas d’un jeune radicalisé, celle-ci ne suffit pas, car la problématique est beaucoup plus complexe. «Je peux apporter un soutien au niveau spirituel, mais cela doit se faire avec d’autres types de soutiens qu’ils soient psychologiques ou sociaux, explique-t-il. Ce sont des aspects que je ne maîtrise pas.»

Ouverture et écoute
Pour Samer Elniz, directeur du Centre communautaire Laurentien dont dépend la mosquée Al Rawdah, les jeunes qui se radicalisent ne sont pas facile à trouver. «Ces jeunes ne viennent pas à la mosquée, car ici il n’y a pas d’adeptes de leur idéologie», observe-t-il.

Pour lui, ces personnes sont dans leurs sous-sols et sur Internet. Toutefois, M. Elniz affirme qu’il veut faire de son centre communautaire un lieu ouvert et prêt à écouter les jeunes. L’imam pour sa part garanti qu’au centre communautaire, les gens ne sont pas là pour juger. «Il n’y a qu’Allah qui juge», assure-t-il.

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