Amine Esseghir/TC Media Les syndicalistes ont déversé des dizaines de vieilles chaussures au milieu de la salle de conférence interrompant l'assemblée générale du conseil d'administration du CIUSSS du Nord-de-l'Île.

Rien ne va plus entre les syndicats et la direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île. Profitant de la période de questions du public, des membres du syndicat ont perturbé la réunion du conseil en déversant des dizaines de vieilles chaussures au milieu de la salle.

La rencontre s’est tenue au Centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) Laurendeau, à Ahuntsic, le 23 mars, en présence d’une cinquantaine d’employés venus à l’appel des trois syndicats représentés au (CIUSSS).

C’est au moment où Isabelle Roy, vice-présidente à la Fédération des infirmières du Québec (FIQ) demandait au président directeur général du CIUSSS «quand est-ce que les bottines vont suivre les babines» que trois employés portant trois grandes boîtes en plastique sont entrés et ont jeté des dizaines de vieilles chaussures au milieu de la salle.

Geneviève Hotte, présidente de la séance, a immédiatement suspendu les travaux et exigé qu’on ramasse les souliers.

Mme Roy interpelait la direction du CIUSSS qui tarde, selon elle, à faire connaître sa vision des changements intervenus dans le milieu de la santé et mettre un terme à l’inquiétude des employés. Cette intervention musclée clôturait une période de questions du public particulièrement tendue.

Les travailleurs du CIUSSS présents à la réunion s'étaient tous levés pour appuyer une de leur collègue qui s'est présentée au micro. Photo: Amine Esseghir/TC Media

Les travailleurs du CIUSSS présents à la réunion s’étaient tous levés pour appuyer une de leur collègue qui s’est présentée au micro. Photo: Amine Esseghir/TC Media

Craintes de représailles
Avant cela, les travailleurs du CIUSSS s’étaient tous levés lorsqu’une nutritionniste s’est présentée au micro pour évoquer le problème des services aux enfants et aux adolescents dans les six centres locaux de services communautaires (CLSC) qui connaissent de profonds changements. «C’est pour l’appuyer et éviter qu’elle subisse des représailles», a expliqué une employée.

Elle critiquait le nouvel organigramme qui, selon elle, cloisonne plus les services. «Nous allons aller de l’avant avec notre organisation», a tranché le Dr Pierre Gfeller, PDG du CIUSSS. Rejetant pour le moment toute remise en question de l’organisation qu’il a mise en place.

La question des sanctions a également été évoquée alors que des membres du syndicat se demandent comment les employés peuvent exprimer leurs critiques des changements organisationnels sans subir de représailles.

Pour Yves Laliberté, directeur des ressources humaines au CIUSSS, a affirmé que cet incident n’aura pas d’effet sur les discussions à venir avec les syndicats. «Nous voulons travailler en collégialité avec tout le monde», a-t-il expliqué. Pour lui, les rapports avec les autres syndicats sont corrects, seul la FIQ est dans une logique de confrontation qu’il ne s’explique pas.

Heures supplémentaires en hausse

Marc Fournier, infirmier à l’hôpital du Sacré-Cœur, a remis en question la diminution des heures supplémentaires tel qu’annoncé par la direction du CIUSSS. «Nous avons eu 23 heures supplémentaires obligatoires et non obligatoires en février à l’hôpital du Sacré-Cœur», a-t-il dévoilé. Une situation qui oblige à des recrutements temporaires alors qu’on a procédé à des coupes dans les emplois, selon lui.

Le PDG a admis que l’hôpital du Sacré-Cœur demeure un cas particulier au sein de la grande structure de santé qu’il dirige. Il a reconnu que les embauches de main-d’œuvre indépendante étaient justement destinées à réduire le temps supplémentaire chez les employés.

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