Yves Provencher/Métro

Les bâtiments de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) sont encore loin d’obtenir la note de passage. Selon les dernières statistiques publiées, 96% de ses établissements sont jugés en «mauvais état». Un taux de vétusté impressionnant, mais qui ne surprend pas du tout le syndicat des enseignants.

Quatre immeubles sur cinq sont jugés en «très mauvais état». Seuls 4% des établissements sont qualifiés «satisfaisant», selon des données colligées en juin 2014, par le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MEESR).

Au total, 199 établissements présentent un «niveau élevé de dégradation et de défectuosité». Les immeubles, les ouvrages de génie civil ou les équipements nécessitent des travaux importants et parfois urgents.

Pour ramener tous les établissements scolaires de la CSDM à un seuil de vétusté satisfaisant, le MEESR estime qu’il faudrait investir au moins 2,85 G$.

«Je ne suis pas surprise de voir ces chiffres, souligne la présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal (APPM), Catherine Renaud. La moyenne du cadre bâti montréalais est de 65 ans, comparativement à l’ensemble de la province qui se situe à 50 ans.»

Travaux et vétusté
L’indice de vétusté physique (IVP) permet de juger de l’état de l’immeuble. Sur le territoire de la CSDM, les écoles rosemontoises Annexe Accès Est (IVP de 135%) et Saint-Ambroise-annexe (113%) ainsi que Saint-Louis-de-Gonzague-annexe (109%), située sur le Plateau-Mont-Royal, sont les institutions scolaires ouvertes les plus vétustes.

Parmi les travaux à faire, il y a, notamment, la réfection de la toiture, la réfection des toilettes, le remplacement de la plomberie, la réhabilitation des systèmes de ventilation, la réfection de la maçonnerie ainsi que des mesures diverses d’économie d’énergie.

Mais attention, «l’indice de vétusté n’est pas synonyme de moisissure», fait valoir la commissaire de Hochelaga-Maisonneuve, Diane Beaudet.

Un entretien déficient
Le problème de la vétusté des établissements de la CSDM est récurrent. Depuis 2013, le nombre de bâtiments en mauvais état n’a pas changé, et ce malgré les 289 M$ investis.

L’une des causes expliquant la dégradation des établissements scolaires de la CSDM est le manque d’entretien des bâtiments, estime le syndicat. Selon l’APPM, le meilleur exemple de cette situation est l’école Sainte-Lucie, située à Saint-Michel, aujourd’hui fermée pour moisissure.

«En 1999, on avait constaté une infiltration d’eau par les fenêtres. La CSDM était au courant et elle n’a rien fait pour corriger la situation. Elle a laissé le tout se dégrader. Au lieu de devoir changer simplement les fenêtres, là on doit tout refaire.»

«Nous n’avons pas encore tout l’argent nécessaire pour nos travaux. Plusieurs projets sont alors retardés en raison du manque de financement», indique Mme Beaudet.

Étant donné l’état du parc immobilier de la CSDM, «les sommes disponibles sont en grande partie investies dans la réhabilitation des immeubles les plus mal en point, alors que les autres continuent de se détériorer», laisse savoir la CSDM, dans son plan directeur d’investissement.

«Le ministère supporte la CSDM en lui fournissant le financement requis pour le maintien de ses bâtiments», explique le MEESR, par courriel.

Pour la prochaine année scolaire, le gouvernement provincial a alloué une enveloppe financière de 86 M$.

Les établissements en meilleure santé

  • École du Petit-Chapiteau (IVP de 2%)
  • École Joseph-Charbonneau (6%)
  • École Victor-Doré (8%)

Les établissements les plus vétustes

  • Annexe Accès Est (IVP de 135%)
  • Saint-Ambroise-annexe (113%)
  • Saint-Louis-de-Gonzague-annexe (109%)

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