Archives TC Media Les graffitis à connotation antigentrification sont monnaie courante à Hochelaga-Maisonneuve.

Moins d’une semaine après la création d’un comité sur l’embourgeoisement dans Hochelaga-Maisonneuve, le Comité «base pour l’action et l’information sur le logement social» (BAILS) se retire, ne croyant pas en son utilité.

Le Comité BAILS mentionne en avoir assez d’attendre après des recherches ou des statistiques pour quantifier «un problème qui affecte présentement des centaines de personnes».

«On reçoit des témoignages chaque semaine de personnes qui en ont marre des condos, des commerces de luxe, des loyers qui augmentent, des préjugés envers les personnes qui vivent des situations de pauvreté et évidemment, du manque de logement social, explique Émilie Lecavalier, organisatrice communautaire au BAILS. On reçoit aussi des dizaines de témoignages de personnes qui sont obligées de payer trop cher pour se loger et qui n’ont plus assez d’argent pour subvenir aux autres besoins primaires, sans parler de ceux qui sont obligés de quitter le quartier, faute de logement abordable.»

Selon Mme Lecavalier, un comité du même genre avait été formé 2013, en réaction au bris de quatre vitrines de restaurants du quartier, dans le cadre d’une action contre l’embourgeoisement

«À ce moment-là, les élus des différents paliers avait jugé nécessaire de mettre sur pied un comité d’étude sur les effets de l’embourgeoisement. Nous n’avions finalement eu que trois rencontres en plus de deux ans et aucune action concrète n’avait été entamée», mentionne-t-elle.

Solutions
Le comité souligne ne plus avoir envie de perdre son temps à débattre autour d’une table des effets potentiellement positifs de l’embourgeoisement. Selon ses membres, des actions devraient être envisagées, pour contrer l’embourgeoisement.

«Nous souhaitons la création de registre des baux pour un meilleur contrôle des loyers, un moratoire sur la construction de condos, une réserve de terrains et bâtiments vacants pour du logement social, et un investissement massif de la part du provincial et du fédéral pour le logement social, fait valoir l’organisatrice communautaire. Des idées, on en a et on a pas besoin d’études scientifiques pour ça.»

Décision respectée
Invité à se prononcer sur le retrait du comité BAILS, le maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, a dit respecter la décision de l’organisme.

«Je la respecte, mais je trouve cela dommage, a-t-il commenté. L’embourgeoisement est un phénomène complexe et je crois vraiment qu’il y a lieu qu’on tienne des assises à ce sujet.»

«Je continue à croire en l’utilité du comité. Il n’y a jamais eu de débat sur ce phénomène avec des statistiques récentes à l’appui», conclut-il.

Rappelons que les assises du comité sur la gentrification se tiendront le 15 mai prochain.

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