Collaboration spéciale TC Media Muni d’une couverture et d’une veste, Jimmy Vigneux a passé 48h dans les rues de Montréal.

Le directeur général de la Société de développement commercial Hochelaga-Maisonneuve a passé 48h dans la rue dans le but d’amasser des fonds à destination des itinérants.

Jimmy Vigneux a voulu aider l’Œuvre Léger, un organisme dont il est bénévole depuis plusieurs années. «Je faisais déjà les 140 km de vélo de l’organisme. C’est le fun, je m’entraine en même temps, mais je voulais aller plus loin», a-t-il expliqué.

Muni d’une couverture et d’une veste, il a passé deux jours autour de la place Émilie-Gamelin et sur le Plateau-Mont-Royal à essayer de survivre, notamment à la nuit, qui fut particulièrement froide.

«Le premier jour, je m’étais mal pris, je n’ai pas dîné et j’ai eu un souper en allant demander à des commerçants s’ils avaient des produits à jeter. Demander de l’argent ou de la nourriture, ça te replace dans ton humilité et ton orgueil.»

S’il a pu converser avec d’autres itinérants, il a surtout passé sa fin de semaine seul. «Mon objectif était de vivre dans la solitude, comme beaucoup d’itinérants. J’ai quand même parlé avec des itinérants, notamment proche du Ketch Café, qui offre des repas surtout à des jeunes.»

En relayant ses impressions de la vie sans un sou sur les réseaux sociaux, avec un cellulaire uniquement dédié à cet effet, Jimmy Vigneux a voulu sensibiliser les gens aux réalités de la rue. «On les côtoie tous les jours et on les oublie. Les gens ne me regardaient pas dans la rue. C’est comme si on prenait les itinérants pour des animaux. Un sourire, un bonjour est un minimum pour le montrer du respect.»

Il n’oublie pas non plus que son expérience est unique et non représentative de ce que les itinérants vivent réellement. «Vivre dans la rue est sans doute plus difficile que ce que j’ai fait. Je savais que j’avais un début et une fin. Mais pour un jeune itinérant, il n’y a pas de fin.»

Bien qu’il a choisi de faire l’expérience à titre personnel, sa casquette de directeur-général d’une SDC dans un quartier en gentrification n’est pas bien loin. Il rejette d’ailleurs les critiques de misérabilisme qui pourraient se lever contre lui.

«Je veux montrer que, malgré mon poste important, on peut faire bouger les choses autrement qu’avec des soupers à 250$. Je suis à l’aise avec ce que j’ai fait, je l’ai fait de bonne foi et j’invite ceux qui pourraient me critiquer de faire la même chose.»

Jimmy Vigneux a récolté plus de 3000$ pour l’Œuvre Léger.

Jimmy Vigneux a partagé son récit sur sa page Facebook.

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