Arnaud Stopa | TC Media Patrick Lopez et Sylvie Mercier, promoteurs du projet Pain et Délices.

Boulangerie, pâtisserie, café-bistrot, le tout sans gluten, ni soja ou arachides et accompagné d’ateliers d’éducation populaire visant à améliorer les connaissances culinaires des Hochelagais, tel est le projet soutenu par Accès Travail Montréal (ATM).

L’organisme communautaire souhaite ouvrir une boulangerie sociale sans allergène en vue de former des personnes sans qualification tout en proposant des produits à faible cout.

«Dès que j’en parle, tout le monde me dit que c’est une bonne idée, car tout le monde connait quelqu’un qui est allergique ou intolérant, a indiqué Sylvie Mercier, directrice de l’organisme. On est persuadé que notre projet aura un impact positif sur les gens.»

Toutefois, ATM se bute à plusieurs difficultés, dont celle de trouver un endroit pouvant accueillir ses locaux actuels et la boulangerie. L’organisme se heurte au manque de locaux disponibles et disposant d’une cuisine pouvant accueillir les outils nécessaires au travail de la pâte. «J’avoue que je pensais que cela allait être plus facile, a confié la directrice. On cherche depuis un an sur des rues comme de Rouen, Marseille, Sainte-Catherine ou Sherbrooke. C’est sûr que si on trouve demain, on le prend.»

Elle devra aussi passer outre le manque de financement du projet, puisque ses demandes de subventions gouvernementales pour les projets d’économie sociale ont été refusées récemment. «On craint pour la pérennité du projet. Le sans-allergène fait encore peur aux bailleurs de fonds, qui croient que c’est un produit de niche, alors qu’on a des lettres d’intentions de partenaires qui sont prêts à nous acheter notre pain. Car tout le monde peut en manger, on est là pour le prouver.»

L’idée d’ouvrir Pain et Délices est venue il y a plus de deux ans, lorsque ATM cherche à trouver une nouvelle corde à son arc dans l’aide à trouver un travail. «Nous cherchions une solution pour donner une réelle expérience de travail avec une formation aux gens qui n’ont pas les moyens de retourner aux études. Soit pour des raisons cognitives, soit parce qu’ils ont une famille à charge.»

En effet, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, 16% de la population n’a aucune qualification scolaire, et 35% n’a qu’un diplôme d’études secondaires.

Le choix d’une boulangerie tient plutôt du pragmatisme, puisque les métiers du pain sont accessibles à tous. De plus, les locaux doivent permettre de tenir des ateliers culinaires pour promouvoir une meilleure nutrition auprès d’une population pauvre. «On pense à nos usagers qui cherchent à manger aux magasins à un dollar, a indiqué Patrick Lopez, chargé du projet. C’est grave pour leur santé et notre société. On souhaite leur montrer qu’on peut bien manger pour pas cher et sans être compliqué.»


Logements sociaux
En fin de compte, ATM souhaite aussi proposer des logements sociaux au-dessus de Pain et Délices. Mais en raison des difficultés à concrétiser le projet, l’idée est mise sur la glace. «C’est sûr qu’on le verra un jour, mais on va voir moins grand et on va se concentrer sur la boulangerie et le café-bistrot», a dit Patrick Lopez.

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