Josie Desmarais

La nouvelle école Baril a été inaugurée jeudi, 6 ans après sa fermeture en 2011. L’attente a été longue, mais le bâtiment flambant neuf pourrait servir de modèle à d’autres écoles à rénover.

Les 337 élèves, qui ont été relocalisés temporairement dans l’école secondaire Louis-Riel, peuvent de nouveau fréquenter leur école de quartier, qui a été reconstruite au coût de 19M$.

L’émotion était palpable au gymnase de l’école Baril où tous les artisans de cet «immense projet de réhabilitation» étaient réunis pour célébrer la réouverture tant attendue de l’établissement scolaire.

«On a enfin une vraie école qui respire le bonheur… et plus les moisissures», partage Michèle Henrichon, une enseignante dont les classes ont été déménagées à plusieurs reprises à cause de problème de qualité de l’air dans les locaux.

«Baril c’est une histoire d’amour, l’amour de la communauté pour son quartier, pour ses institutions, pour ses activités et ses gens pleins de vivacité.» Diane Beaudet, commissaire à la CSDM et parent d’élève de l’école Baril.

C’est du passé. L’ancien édifice centenaire de la rue Adam laisse désormais place à une nouvelle bâtisse moderne et colorée, offrant de grands espaces multifonctions et lumineux aux 21 classes qui y sont réparties sur trois étages.

«On a accouché d’un beau bébé, mais l’accouchement ne s’est pas fait sans douleur», a avoué la députée Carole Poirier.

Un casse-tête chinois
La rénovation de l’école Baril a connu bien des péripéties depuis 2009.

«Quand on a ouvert les murs, on a pris conscience de l’ampleur de la contamination, se rappelle Mme Poirier, il y en avait partout, même dans la structure, ce qu’on n’avait jamais vu ailleurs.»

Un souvenir que partage aussi Clément Bastien, associé chez BBBL Architectes, la firme chargée du projet de réhabilitation. «Il n’y avait rien à faire, il fallait démolir pour reconstruire», affirme-t-il.

Bien que sa firme soit spécialisée dans la réalisation de bâtiments scolaires, M. Bastien n’avait jamais travaillé sur un projet d’une telle ampleur pour une école qui s’inscrit dans un contexte d’insertion urbaine.

Défi de démolition, défi d’implantation, défi de réalisation… «Je pourrais multiplier la quantité de défis à l’infini tellement il y en a eu», souligne-t-il.

Ce n’est qu’après que les murs de l’ancienne école aient été mis à terre que les équipes ont réalisé qu’elles devaient repenser les plans, car la fondation ne pouvait pas soutenir le nouveau projet d’école.

Afin de rappeler que des générations d’écoliers ont fréquenté l’école Baril, des segments de la façade patrimoniale de l’entrée principale ont été conservés. Un autre défi d’ingénierie pour M. Bastien qui parle d’un bâtiment exceptionnel, «pas nécessairement parce qu’il est plus beau que les autres, mais parce qu’il est unique».

Un projet unique qui est en voie de devenir un modèle pour toutes les autres écoles à rénover de Montréal, « et même du Québec », croit la députée Carole Poirier.

Et les 2 autres écoles du quartier?

L’école Baril est la première de trois écoles fermées pour raison sanitaire à avoir pu accueillir des enfants cette rentrée dans le secteur.

337 élèves ont rejoint les bancs de l’École Baril la semaine dernière, alors qu’ils n’étaient que 250 élèves à la fermeture de l’établissement en 2011. Cette augmentation «fulgurante» s’explique par le grand nombre de demandes d’inscription pour le nouvel établissement scolaire cette année, mais aussi par le fait que les élèves qui fréquentaient l’école Hochelaga (fermée en juin dernier) ont été relocalisés avec leurs camarades.

Ces derniers ont peu d’espoir de retourner dans leur ancien établissement, puisque la CSDM n’envisage pas une réouverture dans un avenir proche.

«Nous attendons de voir ce que nous disent les statistiques démographiques avant de revenir sur le cas de l’école Hochelaga, mais nous conservons tout de même le bâtiment», indique Catherine Harel Bourdon, la présidente de la CSDM.

En proie elle aussi à des problèmes de moisissure, l’école Saint-Nom-de-Jésus est fermée depuis 2012. Après plus de 5 ans d’attente, les travaux y ont commencé il y a quelques semaines.

«Toute la démolition intérieure est faite, il reste des travaux de reconstruction et rénovation qui vont de la charpente à tous les travaux de finitions comme l’électricité et la plomberie», précise Mme Bourdon.

Le chantier de réhabilitation ne devrait pas s’étaler sur plus de 18 mois, c’est du moins ce qu’espère la CSDM.

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