Gracieuseté / Arrondissement MHM Le parc Sarah-Maxwell a été inauguré par le maire Réal Ménard, en présence de membres de la famille de Sarah Maxwell.

Le parc Dézéry-Lafontaine a été renommé parc Sarah-Maxwell par l’arrondissement. Cette directrice d’école avait péri dans l’incendie de son établissement scolaire en tentant de sauver ses élèves.

Le nom de Sarah Maxwell est désormais lié à ce parc situé à quelques mètres seulement du site où elle a perdu la vie le 26 février 1907, à l’âge de 31 ans.

Ce jour-là, par un froid glacial, le feu se déclare dans le système de chauffage au charbon de la Hochelaga Protestant School, qui se trouvait au coin des rues Adam et Préfontaine. Le risque était pourtant connu puisque Sarah Maxwell, enseignante et directrice de l’établissement, avait alerté la commission scolaire l’année précédente.

Après avoir évacué les élèves les plus âgés qui se trouvaient au premier niveau, Sarah Maxwell monte à l’étage supérieur pour porter secours aux plus petits. Alors que les quatre autres enseignantes de l’établissement parviennent à quitter les lieux avec plusieurs de leurs élèves, la directrice reste en compagnie de ceux qui n’ont pas réussi à descendre l’escalier enfumé.

À l’arrivée des pompiers, elle parvient à faire passer quelques dizaines d’enfants pour les faire descendre par une échelle déployée depuis la rue, mais ignorant les recommandations des secours, Sarah Maxwell retourne dans l’épaisse fumée noire pour aider seize élèves âgés de 3 à 8 ans qui étaient encore piégés par les flammes.

Épuisée et asphyxiée, elle meurt brûlée dans l’incendie avec les neuf fillettes et sept petits garçons qu’elle essayait de sauver.

«Elle a fait tout son possible pour sauver un maximum d’enfants. Son acte de bravoure avait beaucoup touché toute la communauté du coin», raconte André Cousineau, responsable du site web de l’Atelier d’histoire Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (AHMHM).

À l’époque, une bourse de 300$ avait été décernée par le gouvernement du Québec pour soutenir sa mère avec qui elle vivait. Sa pierre tombale et un terrain du cimetière Mont-Royal avaient aussi été achetés grâce à une souscription populaire. Son décès et celui des seize enfants avaient également incité les commissions scolaires à revoir les mesures de sécurité, en installant notamment des escaliers de secours.

Éviter l’oubli
Mais 110 ans après cet incendie tragique, il ne restait de la mémoire de Sarah Maxwell qu’une plaque sur un mur de la cathédrale Christ Church où eurent lieu ses funérailles. La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve a donc proposé son nom pour rebaptiser le parc Dézéry-Lafontaine et l’AHMHM a soutenu le processus.

André Cousineau a mené des recherches sur internet et a retrouvé une trentaine de membres de la famille de Sarah Maxwell. Certains d’entre eux ont même fait le déplacement depuis le Manitoba et l’Ontario pour participer à l’inauguration du parc samedi 9 septembre en présence de Réal Ménard, le maire d’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Une plaque racontant son histoire est désormais installée à l’entrée de la rue Dézéry et M. Cousineau espère que cette histoire ne tombera pas dans l’oubli.

«Après toutes ces recherches, j’ai l’impression de la connaître. J’ai voulu faire en sorte que le souvenir de son acte d’héroïsme reste dans les mémoires», explique ce passionné.

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