Gracieuseté / DepositPhotos Le programme Dopalliés pourrait s’arrêter dès mars 2018 faute de financements.

Malgré la crise du fentanyl, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) ne compte pas prolonger son financement du programme Dopalliés offert dans Hochelaga. Cet accompagnement des consommateurs de drogues injectables a pourtant de bons résultats selon les organismes locaux.

Chaque année, plus de 300 personnes participent aux séances Dopalliés proposées depuis 2009 par l’organisme Dopamine. Lors d’ateliers de groupe hebdomadaires, des formations sur divers sujets en lien avec les drogues injectables et les maladies telles que le VIH ou l’hépatite C sont dispensées aux participants. Les responsables du programme tentent de sensibiliser des consommateurs pour propager ensuite la bonne parole au sein de la communauté.

«C’est tout un mécanisme de transmission d’informations. Nous poussons la prévention par les pairs, car nous pensons que c’est le plus efficace. On peut presque tripler le nombre de personnes atteintes lors des ateliers grâce à la diffusion des messages», estime Martin Pagé, le directeur général de Dopamine.

Ce programme bénéficie d’une aide annuelle de 120 000 $ de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) qui devait s’arrêter en mars 2017. En septembre 2016, Santé Canada a accordé un «financement transitoire» d’un an pour laisser le temps à l’organisme de trouver de nouveaux soutiens, mais faute d’accompagnement, Dopamine se prépare à abandonner Dopalliés.

«On est en plein dans la cible qu’on veut, on obtient des résultats, on est partenaires depuis longtemps et du jour au lendemain, on ne fait plus partie de l’aide alors que le besoin de la population est là», se désole M. Pagé.

Le service des relations médias de l’ASPC explique que le gouvernement a été contraint de faire des choix dans le Fonds d’initiatives communautaires en matière de VIH et d’hépatite C (FIC) dans lequel figurait Dopalliés.

L’institution a recu 224 demandes totalisant plus de 63 M$ par année, alors que l’enveloppe budgétaire annuelle n’est que de 26,4 M$. 47 organismes qui bénéficiaient de cette aide doivent se tourner vers d’autres ressources.

Demande de prolongation
Malgré plusieurs demandes de subventions, Dopamine n’a jusqu’ici pas réussi à mobiliser de nouvelles ressources pour poursuivre son programme.

L’organisme est soutenu dans ce dossier par la députée fédérale Marjolaine Boutin-Sweet qui tente de convaincre l’ASPC de revenir sur sa décision. Le 4 octobre dernier, l’élue du NPD a interpellé la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, sur ce sujet.

«C’est un outil qui fonctionne et qu’on doit garder. L’utilisation de drogues était là avant et sera là après, mais il faut se mobiliser sur cette question de prévention du VIH et de l’hépatite C. C’est encore plus important en ce moment avec le fentanyl», affirme Mme Boutin-Sweet.

Dopamine a d’ailleurs profité de séances de Dopalliés pour former à l’utilisation de la naloxone, composant chimique qui inverse les effets des opiacés et qui permet de contrer les surdoses liées au fentanyl.

«C’est capital, car ce programme nous permet de nous adapter aux réalités du terrain. On essaye de travailler avec humilité, mais ces programmes sauvent vraiment des vies, surtout en ce moment», assure Martin Pagé.

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve est l’un des arrondissements montréalais où l’on dénombre le plus de consommateurs de drogues par injection, selon l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal.

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