Nicolas Ledain / TC Media L’Abbé Robert Allard, curé de Très-Saint-Nom-de-Jésus, Jenny DuHaime, coordonnatrice des activités culturelles de la paroisse, Carole Poirier et Réjean Charbonneau, directeur de l’AHMHM.

Après avoir été fermée pendant cinq ans, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus a rouvert ses portes en 2014. Une première phase de travaux a été assumée par le diocèse alors qu’une deuxième phase financée par le ministère de la Culture du Québec doit démarrer prochainement.

En tout, la rénovation complète a été estimée entre 5 et 6 M$. Déjà abîmée par le temps, cette église construite entre 1903 et 1906 a souffert de ces cinq années de fermeture.

La première phase, qui a coûté environ 3 M$, a donc servi à nettoyer et réparer l’intérieur pour le rendre salubre et refaire la décoration. Cela a permis de reprendre les activités religieuses, mais aussi d’accueillir des spectacles et concerts ainsi qu’un musée communautaire qui retrace l’histoire du quartier et qui a été aménagé avec l’Atelier d’histoire Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (AHMHM).

Pour poursuivre dans cette dynamique, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus a appris au mois de juin qu’elle allait recevoir une subvention de 99 919 $ du programme d’aide à la restauration du patrimoine à caractère religieux pour l’imperméabilisation de ses fondations. Ces fonds sont attribués par le ministère de la Culture et des Communications du Québec sur recommandation de la Table du patrimoine de Montréal.

«C’est une excellente nouvelle. Il faut se rappeler qu’en 2008, quand Monseigneur Turcotte [ancien Archevêque de Montréal] avait amorcé la fermeture, il y avait eu une mobilisation collective dans le quartier. Cette église fait partie de notre patrimoine et il faut la préserver», estime Carole Poirier, députée d’Hochelaga-Maisonneuve.

Cette deuxième phase de travaux devrait coûter plus de 140 000$ et vise à stopper la progression des infiltrations et des moisissures. Elle est aussi une première étape vers une réutilisation du sous-sol pour des activités communautaires et culturelles.

«Le lieu vaut la peine qu’on investisse, car cela va donner un espace d’activité et d’animation, assure l’Abbé Robert Allard, curé de Très-Saint-Nom-de-Jésus. C’est sûr que cela va répondre aux besoins du culte, mais il va y avoir un gros aspect culturel. Cette réouverture n’est pas un pétard mouillé, il y a quelque chose qui revient.»

D’autres travaux sont aussi prévus comme l’installation d’un ascenseur pour les personnes à mobilité réduite ou l’aménagement des jubés, mais l’Abbé Allard souhaite que la prochaine phase soit la rénovation de la façade qui est, aujourd’hui encore, ternie par la présence d’échafaudages.

Un intérêt patrimonial
Outre sa présence séculaire dans le quartier, l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus est un bâtiment historique incontournable.

Construite dans un style d’inspiration byzantine et romaine sur les plans des architectes Charles A. Reeves et Albert Mesnard, elle est l’un des édifices les plus imposants de l’est de Montréal. Elle abrite de plus un orgue Casavant qui était, lors de son installation en 1915, le sixième plus grand au monde.

«Tout au long de l’histoire, cette église a toujours été au cœur des événements du quartier Maisonneuve. […] Même si les gens ne fréquentent plus ou peu l’église, il n’en demeure pas moins que c’est un héritage considérable. Elle fait partie de l’histoire du quartier et on ne peut pas l’effacer», pense Réjean Charbonneau, le directeur de l’AHMHM.

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