Nicolas Ledain / TC Media Isabelle Lavoie est la propriétaire du Darling depuis 2014.

Dans un décor digne des années 60, le bowling Darling assume son image vintage sur la rue Ontario. Depuis 2014 et la reprise de cet établissement de quartier par une nouvelle direction, le jeu de quilles fait de plus en plus d’adeptes dans Hochelaga-Maisonneuve.

L’année 2017 a été celle de la consécration pour Isabelle Lavoie et son équipe. La propriétaire du bowling Darling a augmenté son chiffre d’affaires de 15% et signé un record d’achalandage de l’établissement. Pourtant, lorsqu’elle a repris le salon de petites quilles du quartier il y a bientôt quatre ans, cette ancienne responsable marketing et communication dans le milieu culturel avait le lourd défi de relancer une institution qui s’essoufflait.

«Le salon de quilles Darling a eu une belle histoire. Les premiers joueurs professionnels ont joué ici. Les propriétaires historiques l’ont gardé jusqu’en 2014, mais l’achalandage avait baissé et ils étaient un peu fatigués. Tout était à refaire», se souvient Isabelle Lavoie.

La nouvelle propriétaire s’était donné cinq années pour réussir son pari et elle est finalement devenue bénéficiaire au bout de trois ans.

«Je m’amuse à renouveler la formule. Les gens me voient en arrière du comptoir et ils savent que ce n’est pas un vieux gérant poussiéreux», lance Mme Lavoie.

Fille et petite-fille de gérant de bowling, la cheffe d’entreprise partait avec l’avantage de l’expérience familiale, mais aussi la responsabilité de perpétuer la tradition.

«Mon grand-père avait le bowling Broadway dans l’est de la ville dans les années 50 et ce sont mes parents qui ont pris la relève. Cela s’est arrêté quand mon père a pris sa retraite. Je n’avais pas de défi familial, mais c’est vraiment un grand bonheur de faire perdurer cela de grand-père en petite-fille», indique la directrice du bowling Darling.

Une plongée dans le passé
Dans ce salon de quilles ouvert depuis 54 ans, le temps semble s’être figé dans les années 60. La musique, la décoration ou encore le comptoir de bouffe inspiré des diners américains évoquent cette joie de vivre qui a marqué les «sixties».

«J’ai un décor cinématographique. C’est important pour nous de recréer cette époque, je veux que les gens voient le clin d’œil et que ça les fasse rigoler. On joue sur la nostalgie, mais ce n’est pas qu’un jeu, c’est quelque chose auquel je crois et cela fait partie de notre succès», pense Isabelle Lavoie.

La directrice avoue qu’elle utilise beaucoup l’aspect vintage comme argument marketing, mais l’authenticité du salon se retrouve aussi dans les coulisses du Darling. Le mécanisme de changement des quilles est encore assuré par des machines Brunswick qui datent des années 70 et le sablage des 24 allées se fait selon la tradition, au risque de frustrer certains joueurs amateurs.

«On est un bowling difficile et cela se sait dans le milieu. Il y en a qui n’aiment pas, mais c’est important de garder cette tradition. Ceux qui font des parties parfaites ici, ce sont de vrais joueurs», proclame la propriétaire des lieux.

Alors qu’elle s’estime en bonne voie pour battre ses chiffres de l’année dernière, Isabelle Lavoie veut continuer à faire grandir son établissement. La responsable du Darling multiplie les formules événementielles, comme les soirées disco, pour faire rayonner un jeu et une époque démodés.

Le bowling Darling est ouvert tous les jours au 3350, rue Ontario Est.

«C’est du vrai bowling!»

En dehors des créneaux loisirs, le bowling Darling propose aussi des compétitions de quilles avec notamment plusieurs ligues qui sont disputées chaque semaine.

Depuis deux ans, Marco Polo fait partie des joueurs réguliers de l’établissement et vient chaque lundi et mercredi lancer les boules au Darling.

«C’est du vrai bowling! C’est bon parce que ce n’est pas facile et ça prend du talent pour jouer ici», confie ce joueur de quilles.

M. Polo apprécie aussi l’ambiance et la décoration de ce salon traditionnel.

«C’est vraiment vintage. On se croirait dans les années 50 ou 60. C’est merveilleux et j’adore venir ici. N’importe quelle façon que je joue, je m’en fous parce qu’on a du fun», confie Marco Polo.

Le jeu de quilles, une passion québécoise

Le principe du jeu de quilles a été importé en Amérique au 17e siècle par des immigrants néerlandais, mais le bowling tel qu’on le connaît aujourd’hui date du milieu du 19e siècle. Au Québec, l’essor du jeu de quilles a eu lieu dans les années 50 avec l’ouverture d’allées dans de nombreuses salles paroissiales et centres sportifs. Entre 1957 à 1978, l’émission L’Heure des quilles, diffusée sur Radio Canada, opposait même les meilleurs joueurs de la province chaque semaine à la télévision.

Après avoir largement perdu en achalandage dans les années 90, de nombreux salons de quilles ont fermé leurs portes dans les années 2000 au Québec. Ce jeu connaît toutefois un regain de popularité depuis une dizaine d’années et on compte encore 22 bowlings actifs à Montréal.

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